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Vente de feu: Bombardier pourrait bientôt perdre un autre morceau

L’américaine Textron est intéressée à ses jets d’affaires, sur lesquels des milliers de Québécois travaillent

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Que restera-t-il de Bombardier, l’entreprise québécoise la plus connue dans le monde? La question se pose maintenant que les deux divisions restantes de la multinationale sont dans la mire d’acheteurs étrangers.  

• À lire aussi: Gâchis en vue - la chronique de Michel Girard  

Depuis plusieurs semaines, le conglomérat américain Textron discute avec Bombardier de l’acquisition de sa division d’avions d’affaires, a révélé mardi le Wall Street Journal.          

Textron est déjà propriétaire des hélicoptères Bell, présents à Mirabel, des avions légers Cessna et des motoneiges Arctic Cat.        

  • Le journaliste Sylvain Larocque est revenu sur le dossier à l'émission Politiquement incorrect sur QUB Radio. Écoutez sa chronique économique:   

En faisant cette transaction, Bombardier pourrait obtenir jusqu’à 9,2 milliards $, précise l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins. Ainsi, la firme allégerait considérablement sa lourde dette de 12,4G$.         

Les jets d’affaires de Bombardier font travailler environ 10 000 personnes dans trois usines de l’île de Montréal. La division compte également des installations à Toronto, au Kansas et au Texas.         

Au cours des dernières années, Bombardier s’est départie de ses produits récréatifs et de ses avions commerciaux, en plus de songer à vendre sa division de transport         

Garder les emplois  

«Tout le monde a toujours voulu être en mesure de travailler pour Bombardier et a toujours voulu que Bombardier aille bien, mais la réalité est tout autre», laisse tomber David Chartrand, coordonnateur québécois de l’Association internationale des travailleurs de l’aérospatiale.     

  • Écoutez l'entrevue du chroniqueur économique Michel Girard avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

    

Le syndicaliste estime toutefois que les travailleurs s’accommoderaient d’un acheteur étranger.          

«Que ce soit une compagnie américaine, canadienne ou européenne, pourvu que les emplois demeurent ici, qu’il y ait des projets d’expansion ici au Québec [...], je pense que c’est ça qui va rassurer nos membres», dit-il.         

Legault prudent  

Bombardier discute déjà avec le géant français Alstom pour la vente de sa division ferroviaire, mais le Wall Street Journal soutient que ces pourparlers s’enlisent sur la question du prix.         

Selon le quotidien new-yorkais, Bombardier négocie à la fois avec Textron et Alstom pour s’assurer d’avoir vendu au moins une division à temps pour le remboursement d’une partie de sa dette, prévu pour l’an prochain.         

À Québec, le premier ministre François Legault n’a pas voulu, dans un premier temps, commenter la perspective que Bombardier soit vendue en tout ou en partie.         

«Je vais tout faire pour garder les emplois de Bombardier, tant dans la partie aéronautique que dans la partie des trains», a-t-il affirmé en point de presse.         

M. Legault a ensuite laissé entendre qu’il souhaitait la survie d’au moins une partie de l’entreprise.         

«Si on veut avoir un potentiel de croissance dans l’avenir, il faut avoir un certain contrôle sur cette croissance-là, a-t-il noté. Donc on peut imaginer des dizaines de scénarios. Actuellement, on regarde [le dossier] et on veut évidemment défendre les intérêts des Québécois.»         


La rumeur d’une entente avec Textron a fait bondir de 18% l’action de Bombardier, qui a clôturé à 1,53$ mardi, à la Bourse de Toronto.   

Avions commerciaux         

► Vendu         

Photo d'archives

Le développement de la CSeries, qui a coûté 10 milliards $ à Bombardier, a presque mené l’entreprise à la faillite. Bombardier a dû céder le programme à Airbus pour 0$, puis vendre ses appareils régionaux Q400 et CRJ, de sorte qu’elle n’est plus présente dans l’aviation commerciale.         


Plus de 3000 personnes travaillent sur l’A220 (ex-CSeries) et sur le CRJ à Mirabel.  

Récréatif          

► Vendu         

Photo d'archives

Joseph-Armand Bombardier a fondé L'Auto-Neige Bombardier Ltée en 1942. Bombardier a ensuite vendu sa division de véhicules récréatifs en 2003. Aujourd’hui, BRP génère des revenus de 5,2 milliards $ annuellement.          


BRP a un réseau de 4500 distributeurs dans 127 pays et de 13 000 employés dans 26 pays, dont plus de 2000 au Québec.  

Avions d’affaires         

► À vendre         

Photo d'archives

Bombardier présente son nouveau jet de luxe Global 7500 comme la clé de son avenir. L’industrie de l’aviation d’affaires est toutefois aux prises avec un problème de surcapacité de production qui amène plusieurs analystes à prédire que des constructeurs n’auront d’autre choix que de fusionner.         


Bombardier Aviation emploie plus de 10 800 personnes au Québec.   

Bombardier Transport         

► À vendre         

Photo d'archives

La division ferroviaire de Bombardier est la plus importante du groupe avec des revenus annuels de près de 12 milliards $ et un carnet de commandes de plus de 47 milliards $. Des retards et des dépassements de coûts lui ont toutefois coûté cher ces derniers mois.         

En janvier, l’agence Bloomberg a révélé que Bombardier songeait à fusionner sa division Transport avec celle du géant français Alstom, afin de réduire sa dette.         


► Un total de 40 650 employés, dont 1500 au Québec.

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