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Des souvenirs du «Gros Bill» à l’encan

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Avant de mourir en décembre 2014, Jean Béliveau avait demandé à sa fille Hélène de se départir de son imposante collection de trophées et de souvenirs. Il lui aura fallu
cinq ans avant de passer à l’action et vider ce qui pouvait ressembler à une véritable caverne d’Ali Baba pour les collectionneurs. 

« Je fais ce que mon père m’a demandé. Mais on devait être prêtes avant de procéder, a raconté la fille du “Gros Bill” aux côtés de sa mère Élise, au restaurant 9-4-10 du Centre Bell, mardi. Un moment donné, il fallait aller de l’avant. Il est décédé il y a cinq ans. Il fallait enclencher le processus. 

Nous n’avons pas décidé de tout vendre. Il le voulait, a renchéri la dame, visiblement encore déchirée. Mon père se demandait à quoi servirait de garder tout ça dans des tiroirs et des armoires. »  

Depuis le 27 janvier, les derniers objets de collection de l’illustre carrière de Jean Béliveau, deuxième pointeur de l’histoire du Canadien avec ses 1219 points en saison régulière, et troisième buteur avec ses 507 buts, sont mis à l’encan sur le site de Classic Auctions, une entreprise québécoise. On y retrouve 73 lots provenant directement de la caverne des Béliveau.  

Un chandail authentique des années 1960, une paire de patins, des trophées, des bijoux, dont la bague de la Coupe Stanley de 1959, des portraits et des cartes autographiées figurent parmi les pièces en vente.  

Le chandail porté par le légendaire capitaine du Canadien, Jean Béliveau, lors de la saison 1962-1963, présenté par sa fille Hélène et son épouse Élise, sera très convoité lors de l’encan de Classic Auctions.
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Le chandail porté par le légendaire capitaine du Canadien, Jean Béliveau, lors de la saison 1962-1963, présenté par sa fille Hélène et son épouse Élise, sera très convoité lors de l’encan de Classic Auctions.

Un cas particulier 

« Avec sa fille, nous avons mis plusieurs jours à trier les objets, établir les valeurs et décider de ce que nous pouvions offrir à l’encan, a expliqué le président et fondateur de Classic Auctions, Marc Juteau.   

Jean Béliveau, c’était un cas particulier. Il gardait tout. On a trouvé des rondelles de ses buts importants, des bâtons, des pièces d’équipement, a poursuivi celui qui avait également fait un gros encan de sa collection il y a une quinzaine d’années.   

Il avait compris de son vivant et durant sa carrière que ces objets pourraient gagner en valeur plus tard. C’est très impressionnant de constater tout ce qu’il a pu garder de sa carrière. » 

M. Juteau a relaté qu’à son premier encan de la collection du « Gros Bill » en 2005, même le principal intéressé ignorait l’existence de certains objets dénichés à son domicile. À l’époque, le montant total de la vente aux enchères avait atteint 1 M$.  

Cette fois, bien que la collection soit moins volumineuse, la famille pourrait recevoir une belle somme compte tenu des souvenirs mis aux enchères. Les articles de la glorieuse époque du Canadien suscitent toujours plus d’intérêt.  

La veuve du célèbre numéro 4, décédé le 2 décembre 2014, a confirmé que les recettes des enchères iraient aux héritiers, soit à ses petites filles, Mylène et Magalie, ainsi qu’aux arrière-petits-enfants, Arthur et Romano, pour l’instant.  

Avec tristesse 

Il va sans dire que ce ménage dans les pièces de collection détenant une véritable valeur sentimentale a remué bien des émotions. C’est d’ailleurs pourquoi mesdames Béliveau ont conservé quelques souvenirs pour la famille. « C’est très difficile de voir tous ces objets quitter la maison. C’est triste, a réagi Mme Béliveau en essuyant quelques larmes.   

Mais c’est une bonne chose de les laisser aller pour mes enfants et petits-enfants. C’est important », a-t-elle enchaîné. 

Parmi les nombreux objets de la collection familiale, Élise et Hélène affectionnaient particulièrement une statue de bronze qu’elles croisaient fréquemment.  

Une statue parfaite 

Déposée sur un meuble « dans le passage », comme elles l’ont précisé, la statue était la réplique de celle érigée devant le Colisée Jean Béliveau de Longueuil. Les artistes n’avaient pas oublié le moindre détail. Munie de son bâton, on aperçoit tous les traits du visage de la statue. 

« Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’on le voit, qu’il est là », a expliqué Hélène en regardant la statue.   

« Et il est beau, a renchéri sa mère d’une bonne voix, les yeux pétillants. Il se ressemble. Parfois, il y a des statues qu’on observe, le sujet se ressemble d’un côté, et non de l’autre.   

Cette statue, quand on passe devant, on se dit “qu’il est bien correct”, a-t-elle ajouté avec humour. Il me semblait qu’on en avait un autre exemplaire, mais on ne l’a pas retrouvé. » Elle le retrouvera peut-être un jour, caché dans sa caverne. 


Les mises sont acceptées sur le site classicauctions.net jusqu’au 25 février.   

Des pièces uniques  

La statue du Colisée  

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Création des artistes Jules Lasalle et Annick Bourgeau limitée à 50 exemplaires, cette statue de bronze est une réplique de la sculpture érigée devant le Colisée Jean Béliveau de Longueuil en août 2007. Véritable œuvre d’art, on reconnaît très bien le hockeyeur par tous les petits détails. On peut notamment lire le nom du manufacturier sur son bâton. Démarrant à 1000 $, ce lot pourrait grimper jusqu’à 5000 $.  

Le chandail du capitaine 1962-1963  

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Succédant à Doug Harvey à titre de capitaine du CH lors de la saison 1961-1962, le « Gros Bill » a remporté cinq coupes Stanley avec l’écusson brodé sur le cœur. Véritable relique de l’époque « Original Six », cette pièce mise à l’encan à un prix de départ de 5000 $ pourrait grimper jusqu’à 50 000 $ a estimé le promoteur de la vente aux enchères. Fait de laine, on observe les marques du passé sur le chandail blanc numéro 4 de grandeur 46. Selon les vérifications des clichés de l’époque, Béliveau l’avait porté durant la saison et les séries éliminatoires en route pour devenir l’un des plus grands capitaines de l’histoire et un immortel de son sport.  

Des coupes  

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

  

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Durant sa glorieuse carrière, Jean Béliveau a gagné dix coupes Stanley entre 1955 et 1971. Mais il a continué d’agrandir sa collection à sa retraite, comme il gravitait encore dans l’univers du hockey et du Canadien. C’est ainsi qu’à titre de vice-président et directeur, son nom est à nouveau gravé sur le précieux trophée en 1977-1978. Le Tricolore avait alors battu les Bruins de Boston en six matchs, remportant ainsi le troisième des quatre titres de suite. Sa collection inclut également une réplique miniature de la Coupe Stanley évoquant la plus grande dynastie de la LNH de 1956 à 1960. La mise de départ des trois coupes en vente est fixée à 1500 $.  

Le Trophée de son 500e but  

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Pièce remise à Jean Béliveau par le Canadien le soir du 24 mars 1971 au Forum soulignant son 500e but en carrière. Fait d’argent sterling, le trophée représente une patinoire où l’on retrouve ses statistiques dans la LNH. Sur une plaque métallique à l’avant, le Tricolore avait reconnu son leadership et son service à la communauté. La rondelle originale de son 500e but, au logo du Canadien, le soir du 11 février 1971, est mise en évidence. Selon les experts, cette pièce, dont la mise de départ était fixée à 5000 $, devrait trouver preneur à plus de 30 000 $.    

Des patins uniques  

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

L’un des rares joueurs à avoir atteint le plateau des 500 buts au 20e siècle, il l’a fait au Forum le soir du 11 février 1971, alors que les North Stars du Minnesota étaient les visiteurs. En début de deuxième période, Béliveau déjouait Gilles Gilbert pour rejoindre le groupe sélect composé de Maurice Richard, Bobby Hull et Gordie Howe à l’époque. À sa dernière saison dans la LNH, Béliveau portait ces patins CCM Tacks Prolite, marqués de ses initiales et de son numéro, montés sur des lames distinctes. Avec un prix de départ fixé à 2500 $, ces patins n’incluent pas l’élégance et la rapidité de celui qui les a portés il y a 50 ans.