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Flying Whales: Québec défend son projet

Le gouvernement Legault rejette les critiques d’experts cités par Le Journal

Flying Whales: Québec défend son projet
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Le ministre Pierre Fitzgibbon admet que le projet de dirigeable de Flying Whales est un des plus risqués appuyé par Québec, mais refuse de faire connaître les avis confirmant la faisabilité du projet.  

L’investissement de 30 M$ du Québec est « un des plus risqués » fait par le gouvernement Legault depuis son élection, convient le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon. Malgré tout, il s’attend à voler dans le dirigeable français à l’hélium « d’ici 2022-2023 ».  

Une illustration de l’appareil projeté par la compagnie.
Photo courtoisie, Site web Flying Whales
Une illustration de l’appareil projeté par la compagnie.

Le Journal révélait mardi que le précédent gouvernement libéral avait refusé de financer le développement d’un prototype en raison d’avis d’experts défavorables sur son utilisation dans le Grand Nord québécois.    

  • ÉCOUTEZ la chronique de Jean-François Gibeault sur le sujet à QUB radio:   

Flying Whales ambitionne de créer un appareil pouvant transporter jusqu’à 60 tonnes de marchandises dans des zones éloignées, notamment pour du développement minier. « Ils avaient refusé parce qu’on parlait d’un PowerPoint, on parlait d’un délai très rapide de financement, je pense que c’était deux, trois mois. Ils ont décidé de passer, d’attendre », souligne M. Fitzgibbon.  

Mais depuis, le projet a grandement évolué, assure-t-il.  

  • Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec pour Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, a discuté du dossier à QUB Radio:

Visiblement piqué au vif par notre reportage, le premier ministre François Legault a fait un plaidoyer en faveur de l’audace. « Il n’y a jamais rien de sûr dans l’innovation. Mais je pense que les Québécois doivent se réconcilier avec le risque. Une société avance en prenant des risques », a-t-il commenté. Le ministre Fitzgibbon assure d’ailleurs détenir des études qui appuient l’investissement du Québec, mais il refuse de les publier.  

Même son de cloche du côté du patron de Flying Whales, Sébastien Bougon, qui n’a pu présenter d’avis d’experts pour appuyer la faisabilité du projet au Québec.  

Le PDG de Flying Whales, Sébastien Bougon, lors de l’annonce le 13 novembre dernier d’un investissement par le Québec de 30 M$ dans le projet français de ballons dirigeables.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Le PDG de Flying Whales, Sébastien Bougon, lors de l’annonce le 13 novembre dernier d’un investissement par le Québec de 30 M$ dans le projet français de ballons dirigeables.

M. Bougon fait tout de même valoir l’implication de nombreux acteurs gouvernementaux en France et les millions d’euros investis par divers partenaires.  

« Ce n’est pas du bricolage », plaide-t-il.  

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Plusieurs embûches 

Un expert mandaté par le précédent gouvernement libéral, cité par Le Journal mardi, soulignait qu’il serait impossible d’utiliser de l’eau dans les régions nordiques pour lester adéquatement les dirigeables après le déchargement de la marchandise, comme cela est envisagé en France.  

En réponse, le PDG de Flying Whales propose plutôt un transfert de charge au moment de la livraison de la marchandise. « Localement, vous êtes dans un village de Premières Nations, vous remplissez un conteneur de ce que vous voulez, de n’importe quelles choses, et vous faites un échange », dit M. Bougon.  

L’expert québécois cité mardi évoquait également d’autres difficultés dans le Grand Nord, dont le vent et le froid.  

Déclarations contradictoires 

► Le PDG de Flying Whales assure, au sujet de l’actuel partenaire chinois Aviation Industry Corporation of China (AVIC) : « La Chine est un partenaire silencieux parfaitement passif parce que la Chine n’a pas les compétences aéronautiques. Donc, pour l’instant, 100 % est en France ». Pourtant, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a affirmé en mêlée de presse mardi que « AVIC faisait des dirigeables ».  

► Selon M. Bougon, c’est à la demande du Québec que l’actionnaire marocain Marita Group a été expulsé de l’entreprise en 2017. « Les équipes de Mme Anglade ont demandé à ce qu’ils se substituent aux Marocains », affirme M. Bougon. Confrontée à cette déclaration, l’attachée de presse de Mme Anglade a simplement souligné : « Quoi que dise monsieur, le fait est que nous avons pris la décision de ne pas financer ce projet ».