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Québec va prendre plus de risques avec les fonds publics

Investissement Québec ouvrira les vannes pour financer des entreprises

GEN-Conférence de presse du premier ministre François Legault
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Le PDG d’IQ Guy LeBlanc, le premier ministre François Legault, la ministre déléguée au Développement économique régional Marie-Eve Proulx ainsi que le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, lors d’un point de presse, hier, dans la métropole.

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Déjà omniprésent dans l’économie, Investissement Québec (IQ) compte étendre encore plus ses tentacules, y compris dans des projets à risques plus élevés.  

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«C’est absolument spectaculaire tout ce qui passe par Investissement Québec. Je pense que la plupart des transactions qui se font au Québec, on est au courant, on est approchés ou éventuellement, on intervient», confie en entrevue au Journal Guy LeBlanc, qui est PDG de la société d’État depuis avril dernier.   

Suivant la volonté du gouvernement Legault, «le nouvel IQ sera plus audacieux et prendra davantage de risques», soutient l’organisme.    

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Pourtant, IQ avait déjà une tolérance élevée aux risques, ayant investi dans des projets périlleux comme ceux du producteur de diamants Stornoway, de Nemaska Lithium et de la cimenterie McInnis.   

L’an dernier, IQ a obtenu un milliard de dollars de plus à investir – somme qui n’a pas encore été entamée.   

Électrification  

La priorité immédiate d’IQ sera de concrétiser la filière d’électrification des transports que Québec tente de mettre en place depuis des années.   

«D’ici six mois, j’espère qu’on sera en mesure d’annoncer des investissements importants dans ce sens-là», déclare M. LeBlanc.   

Proche du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, Guy LeBlanc reconnaît qu’il a beaucoup de «contacts» avec lui.    

Le gouvernement veut abattre les frontières entre les fonds propres d’IQ et l’argent provenant du Fonds du développement économique (FDE), qui relève du ministère de M. Fitzgibbon.   

«On a mis ensemble le FDE et les fonds propres, affirme Guy LeBlanc. On travaille ensemble. Ce n’est plus divisé.»   

Le dirigeant assure toutefois qu’IQ a encore la latitude de ne pas investir aux côtés du gouvernement dans certains projets. «C’est déjà arrivé au cours des derniers mois, insiste-t-il. [...] Le ministre est extrêmement respectueux de ça.»   

Décisions retardées  

Selon des sources, M. Fitzgibbon examine lui-même plusieurs dossiers du FDE, ce qui a pour effet de retarder la prise de décisions.    

«On est en train de regarder de quelle façon on peut être plus efficace dans ces dossiers-là», indique M. LeBlanc.   

Ces derniers mois, d’autres institutions, dont le Fonds de solidarité FTQ, se sont plaintes qu’IQ faisait des prêts à des taux inférieurs au marché. Guy LeBlanc dit avoir corrigé le tir.   

«On n’ira pas voler le lunch de personne, martèle-t-il. On veut intervenir dans des dossiers où il y a plus de rareté de capitaux.»   

Investissement Québec en bref   

(chiffres de 2018-2019)   

  • Valeur des interventions financières: 1,5 G$   
  • Profits nets: 300 M$   
  • Rendement: 8,8%   
  • 534 employés