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Un taux d’intérêt de 2,4 % pour votre argent, trop beau pour être vrai?

Big percent of dollars
Illustration Adobe Stock

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Les banques traditionnelles génèrent d’énormes profits en percevant, à grande échelle, des frais sur les moindres transactions de leur clientèle.  

À la longue, ça finit par faire de jolies sommes pour le client individuel.  

C’est tannant, surtout quand les banques annoncent leurs résultats financiers.  

Un produit hybride  

Dans ce contexte, le nouveau compte « Wealthsimple Comptant » de la société du même nom détonne.  

Lancé il y a deux semaines, il se présente comme un produit hybride.  

D’un côté, il offre un taux d’intérêt de 2,4 %, ce qui en fait un compte d’épargne très concurrentiel.  

De l’autre côté, il permettra de payer ses factures et de régler ses dépenses, sans frais transactionnels ni coût mensuel, ce qui le placera parmi les comptes d’opérations les plus compétitifs. 

Le compte sera assorti d’une carte noire et dorée en tungstène, un « gadget » qui s’annonce plutôt joli.  

Wealthsimple copie ici Apple qui a lancé aux États-Unis une carte de crédit d’allure luxueuse, en aluminium et sans embossage. 

Ce n’est pas un compte de banque 

Ce n’est pas une carte de débit ni une carte de crédit, mais une carte prépayée VISA.  

À l’usage, ça ne fait pas de grandes différences, mais cette caractéristique révèle la nature du produit derrière : il ne s’agit pas d’un compte de banque, mais d’un compte de courtage auquel seront greffées des fonctions de paiement. 

Contrairement au contenu d’un compte bancaire traditionnel, l’argent n’est pas couvert par la Société d’assurance-dépôts du Canada, qui offre une protection sur des sommes allant jusqu’à 100 000 dollars, mais par le Fonds canadien de protection des épargnants, dont la couverture peut être bien moindre. 

Transfert ardu 

Chez la clientèle visée par les finetechs comme Wealthsimple, l’expérience utilisateur est aussi importante que le produit d’épargne lui-même.  

Autrement dit : « Est-ce que l’app est cool ? » Avec un téléphone, on doit pouvoir d’une seule main transférer de l’argent, vérifier son solde et connaître ses rendements. 

Après quelques tests, on constate que transférer de l’argent d’un compte extérieur vers le compte Wealthsimple se fait de manière beaucoup plus fluide que dans le sens inverse. Pour rapatrier l’argent ailleurs, il y a des contraintes. Pour un compte d’opérations, c’est énervant.  

En anglais seulement 

Le plus navrant touche cependant les utilisateurs francophones. Il suffit d’y naviguer trois minutes pour réaliser que la traduction est bâclée, ce qui peut faire craindre pour le reste. Quant aux conditions d’utilisation, elles ne sont proposées qu’en anglais.  

C’est ce qu’on pourrait appeler une « petite » économie. 

Les caractéristiques de ce compte hybride ne restent pas moins impressionnantes. Ne vous y précipitez pas cependant, du moins si le volet transitionnel est important pour vous.  

Les fonctions de paiement ne seront pas disponibles avant des mois. Si c’est le volet épargne qui vous intéresse, vous trouverez mieux ailleurs, notamment à la Banque Laurentienne.