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Bombardier: «Pas la première tempête» à La Pocatière

Des travailleurs de Bombardier préoccupés et irrités par leurs dirigeants

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LA POCATIÈRE | Les employés de Bombardier au Bas-Saint-Laurent accueillent avec une inquiétude contenue et un agacement de plus en plus évident à l’égard de leurs dirigeants les informations voulant que la multinationale considère la vente de certains de ses actifs.   

Normand Courcy, un employé de Bombardier Transport à La Pocatière, admet que les rumeurs de transaction impliquant l’entreprise créer de l’incertitude au sein du personnel.
Photo Dominique Lelièvre
Normand Courcy, un employé de Bombardier Transport à La Pocatière, admet que les rumeurs de transaction impliquant l’entreprise créer de l’incertitude au sein du personnel.

«C’est sûr que ça nous inquiète toujours un peu. On a des dirigeants qui pensent plus à s’en mettre dans les poches qu’à diriger les entreprises», répond Normand Courcy, 59 ans, quand on lui demande dans quel état d’esprit il est entré au travail, mercredi.  

La veille, le Wall Street Journal rapportait que l’américaine Textron songe à acquérir la division d’avions d’affaires du constructeur québécois. Une nouvelle qui s’ajoute à l’intérêt, ébruité il y a quelques semaines dans la presse, du géant français Alstom pour sa filiale ferroviaire.  

À La Pocatière, c’est à cette dernière que se consacrent quelque 360 travailleurs. «C’est sûr que nous autres, on approche de la retraite. C’est plus pour les jeunes. C’est sûr que ça crée de l’incertitude», indique M. Courcy.  

Rumeurs  

Cela dit, comme le carnet de commandes est intéressant à l’heure actuelle, les préoccupations sont modérées. Le personnel est occupé par la construction des voitures de métro AZUR et il y a «d’autre chose qui va arriver au mois de mars», affirme le président du syndicat des employés de Bombardier à La Pocatière, Claude Michaud.  

L’usine a essuyé encore 87 pertes d’emplois l’automne dernier, mais «la cadence va augmenter au mois de mars», selon lui.  

«Ça fait 27 ans que je travaille ici, ça fait 27 ans qu’il y a des rumeurs au niveau de Bombardier», indique-t-il. «On a des contrats, on met de l’emphase là-dessus.»  

Un avis que partage un technicien aux essais dans la soixantaine, qui préfère taire son nom.  

«Ce n’est pas la première tempête que l’on passe. [...] Il y a de l’inquiétude quand tu vois que ta compagnie se morcelle et veut se vendre en parties, mais il reste que l’ouvrage est là pareil», fait-il remarquer.  

Autrement, «ce serait vraiment très inquiétant», dit-il.  

Expertise  

Sylvain Hudon, maire de La Pocatière, demande au gouvernement Legault de tout faire pour assurer la pérennité des emplois de Bombardier dans sa municipalité.
Photo Dominique Lelièvre
Sylvain Hudon, maire de La Pocatière, demande au gouvernement Legault de tout faire pour assurer la pérennité des emplois de Bombardier dans sa municipalité.

Pour le maire de la municipalité, Sylvain Hudon, le plus important est que le gouvernement Legault veille à protéger les emplois et les compétences de pointe développées à La Pocatière.  

Si cela passe par une autre aide financière, «ça va prendre des garanties [...] comme quoi, si le gouvernement aide, il y a des choses qui vont rester ici», réclame-t-il.  

À l’hôtel de ville aussi, la nervosité n’est pas encore très élevée, malgré les finances précaires de l’entreprise.  

«Oui, c’est inquiétant, sauf que moi, je capitalise beaucoup sur l’expertise des employés de Bombardier», soutient M. Hudon.