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Bonne fête Facebook!

La première campagne de relations publiques et de ventes sur Facebook, c’est celle que l’on fait tous de soi-même.

Bonne fête Facebook!
AFP

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C’est dur à croire, mais Facebook n’a que 16 ans. Pour plusieurs d’entre nous, il est difficile d’imaginer notre quotidien sans le réseau social le plus populaire au monde. 

Pour toute une génération, c’est même impossible d’imaginer le quotidien sans une forme ou une autre de ce qu’on appelle les médias sociaux. 

La bête qui a tout changé 

Il y a 16 ans maintenant, Mark Zuckerberg inventait la page bleue qui allait changer la manière de communiquer des individus comme des entreprises.  

Vous souvenez-vous de vos premiers pas sur Facebook? Étiez-vous auparavant un utilisateur de MSN Messenger?  

D’ICQ?  

Faites-vous partie des vieux qui comprennent quand on leur demande : ASV? 

Aujourd’hui, Facebook est devenu un incontournable du marketing et de relations publiques.  

La première campagne de relations publiques et de ventes sur Facebook, c’est d’ailleurs celle que l’on fait tous de soi-même. La plateforme a changé notre façon de réseauter, de nous présenter, de nous mettre en valeur.  

Elle a également transformé notre façon de nous percevoir, d’apprécier notre vie et surtout celle des autres. 

Pendant plusieurs années, on a pensé que Facebook allait faciliter les connexions entre ses usagers, qualifiés d’amis. C’était avant que l’on comprenne qu’on n’a jamais été aussi seul que derrière un écran, même quand on a des centaines d’amis Facebook. 

La chambre à écho 

Facebook, c’est littéralement une révolution en matière de circulation de l’information.  

Aujourd’hui, Facebook compte près de 2,5 milliards de comptes actifs. C’est donc dire qu’en un clic, vous pouvez avoir accès au monde entier. 

Au fil du temps, les algorithmes de Facebook sont devenus de plus en plus puissants, surtout pour aider la plateforme à faire croitre ses revenus publicitaires. En bref, on vous montre toujours plus de ce que vous aimez. 

C’est un peu le phénomène de la saucisse Hygrade : Plus de gens en mangent parce qu’elles sont plus fraîches et elles sont plus fraîches parce que plus de gens en mangent.  

Le problème avec ce fonctionnement, c’est que nos perspectives, plutôt que de s’élargir, se rétrécissent.  

Si on ne fait pas attention, Facebook devient rapidement une immense chambre à écho dans laquelle on ne retrouve que des gens qui pensent comme nous, qui partagent les mêmes contenus que nous, qui nous valorisent et qui nous confortent dans toutes nos positions. 

Selon l’enquête NETendances 2018 menée par le CEFRIO, 70% des adultes québécois utilisent Facebook. 45% d’entre eux ont également déclaré se connecter plusieurs fois par jour à leurs réseaux sociaux. 

Quand on sait que Facebook constitue pour plusieurs le principal mode d’information, on est en droit de s’inquiéter. Surtout que les algorithmes offrent de moins en moins de place au contenu des grands médias pour forcer ceux-ci à payer pour la diffusion de leur contenu.  

Quiconque espère demeurer informé avec Facebook doit au minimum passer un bon moment à raffiner son fil d’actualité pour s’assurer d’être exposé à plusieurs sources d’information. C’est sans compter sur les nouvelles présentées de manière de plus en plus sensationnaliste pour attirer un maximum de clics. 

Le porte-voix  

Le réseau social est aujourd’hui le porte-voix de tout un chacun. La boîte à savon d’autrefois, le button sur lequel n’importe qui peut monter pour crier son opinion et s’inscrire en expert. Il n’y a pas si longtemps, c’est au troquet du coin qu’on entendait de temps en temps un gars chaud vomir des insanités comme si elles étaient intéressantes.  

Aujourd’hui, c’est sur Facebook qu’on se retrouve pour écrire tout ce qui nous passe par la tête, des âneries les plus anodines aux attaques les plus choquantes. Et ce, avec l’impression que c’est un droit acquis. J’ai l’doua! 

En ce sens, Facebook a aussi transformé toute une société et forgé toute une génération qui prend maintenant de plus en plus de place dans l’espace public. 

À cet effet, l’INSPQ dévoilait récemment que le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide chez les adolescentes de 15 à 19 ans a pratiquement triplé entre 2007 et 2018. On ne connaît pas encore les raisons exactes de cette hausse dramatique, mais parions que l’augmentation de l’intimidation et de la pression sociale liée à l’utilisation des réseaux sociaux, chez les jeunes femmes en particulier, y est pour quelque chose. 

Sur ce, bonne fête Facebook! Souhaitons que les prochaines années te voient grandir en beauté, mais surtout en sagesse.