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Hypothéquer l’avenir

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Si l’éducation constituait une véritable priorité pour le gouvernement Legault, il s’emploierait à construire un solide consensus sur les améliorations souhaitables, plutôt que d’enfoncer dans la gorge de la majorité des Québécois et des partis d’opposition une vision étriquée aux allures revanchardes avec son projet de loi sur la gouvernance des commissions scolaires. 

Chirurgie invasive inutile 

Le système d’éducation québécois figure parmi les meilleurs au monde. Cela ne veut pas dire qu’il est parfait et ne nécessite aucune amélioration. Toutefois, on ne retrouve aucune urgence justifiant le recours au bâillon pour forcer des transformations qui sont loin de s’avérer gagnantes pour le futur des enfants du Québec. 

Le ministre dispose de temps pour bien faire les choses plutôt que de s’enfermer dans une logique idéologique qui s’explique mal, si ce n’est que par les lubies de son chef, qui semble en avoir gros contre les commissions scolaires. 

Au lieu d’œuvrer à révolutionner le système envers et contre tous, Jean-François Roberge devrait recycler l’idée des forums proposés par son collègue Girard en marge de la négociation du secteur public. Le concept aurait beaucoup plus sa raison d’être dans une perspective de transformation à long terme du système d’éducation. 

Bâillonner le fondamental 

On imagine mal qu’un ministre aurait pu recourir au bâillon pour le projet de loi sur l’aide médicale à mourir. Pour plusieurs, c’était une loi fondamentale qui devait s’appuyer sur le plus grand consensus possible. Le gouvernement caquiste en fait toutefois fi pour ses projets de loi de même nature. 

Les lois sur l’immigration et la laïcité de l’État furent adoptées sous le bâillon, alors que le gouvernement grossissait erronément le nombre d’heures consacré à leur étude en commission parlementaire pour se justifier auprès de la population. Le même scénario se préparerait en marge du projet de loi 40. 

Pourtant, construire seul aujourd’hui, c’est garantir la démolition demain !