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Syndicats, hauts cris et chaise vide

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Photo d’archives, Jean-François Desgagnés De menaces en coups de gueule, les dirigeants syndicaux tenteront d’intimider le gouvernement.

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Il pourrait y avoir un important bruit de fond au cours de la session parlementaire qui s’est amorcée hier à l’Assemblée nationale.

Le menu est fort chargé pour la CAQ au lancement de cette nouvelle saison politique. Gouvernance scolaire, environnement tous azimuts, immigration, langue française, omnipraticiens, etc.

Mais ce ne sont pas ces sujets qui risquent de faire office de véritable premier test de résistance à la pression sociale pour ce gouvernement.

Non. C’est plutôt le renouvellement des conventions collectives avec les employés de l’État qui fera assurément monter la température dans la pièce.

Conventions collectives

Les hauts cris de certains députés d’opposition tenteront alors de faire croire que les premières fissures seront apparues dans le maintien toujours fragile de la sacro-sainte paix sociale.

Comme toujours, la mobilisation syndicale permettra de faire beaucoup de bruit. On ressortira une fois de plus les porte-voix, les casseroles, les trompettes, les marionnettes géantes et les slogans à cinq sous.

De menaces en coups de gueule, les dirigeants syndicaux tenteront d’intimider le gouvernement pour le forcer à ouvrir tout grand les goussets et laisser pleuvoir les milliards.

Mais est-ce que la stratégie traditionnelle fonctionnera cette fois-ci ? Rien n’est moins certain.

Car s’il est vrai que l’apparition de craquelures dans l’harmonie collective a de quoi faire frémir un gouvernement, encore faut-il qu’il sente que le brouhaha a un impact sur l’opinion publique. 

La CAQ caracole au sommet des sondages. Son nationalisme fédérateur étant la pierre d’assise d’un appui quasi aveugle de la population, il semble que même les écueils et certains excès d’improvisations dans des dossiers sensibles n’auront su avoir raison de la lune de miel qui prend de plus en plus des allures de mariage heureux.

Pour ce qui est de la fonction publique, la réalité est fort différente. Un sondage commandé en début d’année par le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et obtenu par TVA Nouvelles démontrait clairement le peu de sympathie des Québécois envers les fonctionnaires.

Trop payés, trop nombreux, demandes exagérées... Tout y était. À un point tel que des campagnes publicitaires sont mises de l’avant pour tenter de modifier des perceptions bien ancrées.

Mauvaise stratégie

Pourtant, il est vrai que nous avons une fonction publique compétente. Et que nous devons être compétitifs pour attirer et maintenir les talents d’ici et d’ailleurs.

Mais les syndicats refusent systématiquement d’adopter un ton serein et d’éviter les dérapages et autres exagérations. Pire encore, ils refusent de s’asseoir à la table des forums de discussion mise en place par le gouvernement pour établir des offres bonifiées pour des postes névralgiques, comme ceux d’enseignants et de préposés aux bénéficiaires. Comme si la stratégie de la chaise vide pouvait être porteuse.

Les employés de l’État n’ont assurément pas la cote. Et ce n’est pas en tentant de bomber le torse que les syndicats feront plier l’échine au gouvernement.