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Labeaume perd son «bon cop»

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Avec le départ de Paul-Christian Nolin, qui représentait le «bon cop» de l’équipe, le maire Régis Labeaume perd un précieux atout.

À l’hôtel de ville de Québec, tout le monde apprécie Paul-Christian Nolin. D’un commerce agréable, souriant, il est du genre à multiplier les politesses et les salutations. Il y a fait ses débuts il y a exactement 30 ans, dans l’opposition, puis avec les indépendants. 

Des années plus tard, en 2005, il y est revenu comme attaché de presse de la mairesse Andrée P. Boucher. Il venait de passer plusieurs années à la Chambre de commerce de Québec, comme porte-parole. 

«Je voudrais vous voir à mon bureau dans une heure», lui avait dit Mme Boucher avant de lui offrir le poste d’attaché de presse. M. Nolin avait hésité, mais le défunt maire Gilles Lamontagne l’avait convaincu d’accepter. 

La recrue n’a jamais regretté sa décision, qui lui a permis de découvrir une femme extraordinaire. Le décès de Mme Boucher demeure son pire souvenir, pire encore que la décision de Jacques Jolicoeur, qui à titre de maire suppléant l’avait mis à pied précipitamment.

«Ce que [M. Jolicoeur] a fait, même si ç’a été un mauvais moment un peu humiliant même, m’a donné au final une visibilité [...] J’ai senti que les gens m’avaient comme adopté [...] Je suis obligé de dire que ç’a été un mal pour un bien», a-t-il relaté mercredi.

En 2015, M. Nolin m’avait confié en entrevue qu’il avait longtemps jonglé avec l’idée de se présenter comme candidat, au provincial ou au fédéral.

Il avait rappelé son passé à la tête de l’aile jeunesse du PLC, aux côtés de Denis Coderre. «Tout est souvent une question d’opportunités», m’avait-il dit.

Le maire n’avait pas apprécié sa sortie, pas plus que la récente rumeur le portant candidat aux partielles dans Jean-Talon, en 2019. Il ne voulait surtout pas que son entourage puisse être accolé à quelque couleur que ce soit, pour ne pas nuire aux dossiers de la Ville. 

Fin renard 

Il n’en demeure pas moins que M. Nolin a travaillé habilement, et malgré bien des tempêtes, avec des gens de toute allégeance. D’une patience d’ange, d’une loyauté indéfectible, il s’est affairé plus d’une fois, et dans la plus grande discrétion, à recoller les pots cassés derrière son bouillant patron. 

S’il ne pouvait contrôler les sorties intempestives ni les sautes d’humeur de M. Labeaume, son attaché exerçait un bon ascendant sur lui. Retrouver cette complémentarité représentera un défi important pour le maire.

M. Nolin était par ailleurs parvenu à créer de bons liens de confiance avec les journalistes, et ce même si la loyauté envers son patron s’élevait au-dessus de tout. Professionnel jusqu’au bout des ongles, il n’était pas du genre à désavouer celui qui l’a recruté après son passage aux Fêtes du 400e de Québec. 

Je me doutais néanmoins que ce n’était qu’une question de mois avant que Paul-Christian Nolin annonce son départ. Il avait soif de nouveaux défis. Il s’inquiétait aussi du temps qui file, bien que, coup de chance génétique, toutes les apparences jouent en sa faveur.

«Je pars à un moment où tout va bien», dit celui qui doit attendre avant d’annoncer son nouveau défi professionnel.