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Les Beaudoin-Bombardier, des gagnants à vie

Pierre Beaudoin, président exécutif du conseil d’administration de Bombardier et Laurent Beaudoin, président émérite du conseil.
JOEL LEMAY/AGENCE QMI Pierre Beaudoin, président exécutif du conseil d’administration de Bombardier et Laurent Beaudoin, président émérite du conseil.

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Qui, pensez-vous, a intérêt à faire circuler les rumeurs de démantèlement de Bombardier?  

C’est l’illustre famille Beaudoin-Bombardier, les actionnaires de contrôle de la multinationale québécoise, dans laquelle on a déjà injecté 3,3 milliards de dollars de nos impôts et épargnes.  

La principale raison? Tout simplement dans le dessein de forcer à nouveau le gouvernement du Québec à allonger d’autres centaines de millions de dollars, voire peut-être même un autre milliard $ ou plus, dans la survie financière de Bombardier.  

Chose certaine, comme opération de tordage de bras, qu’elle soit volontaire ou pas, la famille Beaudoin-Bombardier a réussi cette fois à alerter d’aplomb François Legault en lui laissant clairement entendre que Bombardier allait au moins se départir de l’une de ses deux divisions, soit Bombardier Aviation ou Bombardier Transport.    

NE SOYONS PAS DUPES!  

Derrière ces intenses rumeurs de démantèlement, il m’apparaît clairement sous-entendu qu’advenant une autre alléchante injection d’argent de Québec dans Bombardier, la famille Beaudoin-Bombardier pourrait reconsidérer l’ampleur du démantèlement qui se trame présentement.  

C’est à prendre ou à laisser, que François Legault se le tienne pour dit! Et le «hasard» faisant toujours bien les choses quand Bombardier se retrouve dans le pétrin financier, il s’adonne que la veille de la parution de l’article du Wall Street Journal portant sur les pourparlers de vente de Bombardier Aviation à l’américaine Textron, François Legault inaugurait le nouvel «Investissement Québec», lequel dispose d’un milliard de dollars de plus à être investi plus agressivement dans le Québec Inc.  

QUELLE BELLE COÏNCIDENCE!  

Bombardier a justement besoin d’argent frais pour réduire son énorme dette de 9 milliards $ US.  

Entre la vente de Bombardier Transport à la multinationale française Alstom ou autre géant du secteur et la vente de Bombardier Aviation à Textron, il est clair que le gouvernement Legault préférerait que Bombardier conserve dans son giron la division aéronautique.  

Pourquoi? Parce que Bombardier Transport compte 1500 emplois au Québec (dont un grand nombre à l’usine de La Pocatière) alors que Bombardier Aviation en compte 10 500.  

UN GOUFFRE FINANCIER  

Le problème crucial auquel est confronté Bombardier en est un de surendettement chronique.  

Et malgré les milliards et milliards de dollars que Bombardier a réussi à récolter depuis la nomination d’Alain Bellemare en février 2015, soit par l’entremise de nouvelles émissions d’actions, la vente d’actifs (les avions C Series, Q Series, CRJ Series, en plus de la division de formation des pilotes et techniciens d’avions d’affaires) et les 3,3 milliards $ d’Investissement Québec et de la Caisse de dépôt et placement, la multinationale de la famille Beaudoin-Bombardier se retrouve toujours dans le pétrin financier.  

Qu’est-ce qui garantit au gouvernement Legault qu’une nouvelle injection de capitaux publics dans Bombardier va remettre la compagnie sur la bonne voie ? Malheureusement rien!  

Si réinvestir dans Bombardier représentait un si bon placement, pourquoi la richissime famille Beaudoin-Bombardier ne réinvestit pas elle-même dans la survie de sa multinationale?  

Les Beaudoin-Bombardier, faut-il le rappeler, ont accumulé une fortune personnelle de 2 milliards $ en acquérant en 2003, avec un groupe d’investisseurs, l’ancienne division des produits récréatifs (BRP) de Bombardier.  

Si BRP était restée au sein de Bombardier, la compagnie ne lutterait pas aujourd’hui pour sa survie.