/news/currentevents
Navigation

Pornographie juvénile: Jean-Baptiste Abel dit avoir «déjà vu ce type d’images»

Jean-Baptiste Abel
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Jean-Baptiste Abel

Coup d'oeil sur cet article

L’informaticien qui était à l’emploi des Forces armées canadiennes lorsqu’il s’est fait arrêter, en 2016, pour possession, accession et distribution de pornographie juvénile a dit avoir «déjà vu ce type d’images», sans toutefois en avoir cherché sur le web. 

• À lire aussi: Procès de Jean-Baptiste Abel: le jury visionne des images de pornographie juvénile 

C’est vêtu d’un habit de camouflage arborant l’Unifolié sur la manche droite que Jean-Baptiste Abel a été amené au Quartier général de la Sûreté du Québec, en octobre 2016, après avoir été mis en état d’arrestation à la base militaire de Valcartier. 

Verbomoteur, l’homme a «résumé» longuement au sergent superviseur aux enquêtes contre l’exploitation sexuelle des enfants sur internet, Éric Belley, la «conversation» qu’ils avaient eue, ensemble, avant qu’il ne soit officiellement arrêté. 

Un résumé tellement complet que le sergent ira même jusqu’à souligner au prévenu qu’il avait une «mémoire semblable à celle d’un ordinateur». 

L’accusé se défile 

Toutefois, lorsque le délicat sujet des images de pornographie juvénile est amené, l’accusé tente de se défiler en prétextant vouloir «garder le silence» et il demande s’il doit répondre à toutes les questions qui lui sont posées.  

Habilement, le policier lui indique être là «pour chercher la vérité», comprendre ce qui s’est passé et savoir s’il a affaire à quelqu’un qui a «commis une erreur de parcours ou être en face d’un prédateur sexuel». 

«Je voyage beaucoup sur internet... donc oui, des images comme ça (pornographie juvénile), j’en ai déjà vu, mais je peux garantir que visuellement, les enfants ne m’attirent pas», a répondu l’accusé en se prenant la tête à deux mains. 

Lorsque l’enquêteur lui demande s’il se souvient de la dernière fois où il a vu ce type d’images, Abel répond qu’il avait vu «passer ça il y a deux ou trois mois».  

«Suggestif, mais pas sexuel» 

Puis, avec plusieurs détails, il décrit l’image qu’il a vue et qui mettait en scène une enfant de sept ou huit ans «qui se faisait prendre par-derrière par un gars». 

«C’était suggestif... pas tant sexuel... Tu pouvais imaginer ce qu’il faisait, mais je n’ai pas tant porté attention», a-t-il ajouté. 

Questionné à savoir pourquoi il n’avait pas dénoncé cette image, Abel a répondu qu’il ne l’avait pas fait «parce qu’il était confiant que quelqu’un d’autre le fasse». 

Rappelons que c’est devant juge et jury que l’homme de 30 ans a choisi de subir son procès, qui doit s’étendre sur deux semaines.