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Le gouvernement serre la vis aux nouveaux motocyclistes

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Le gouvernement québécois a annoncé cet après-midi qu’il resserre les règles d’accès à la conduite d’une motocyclette, allant du zéro alcool aux apprentis, au refus pur et simple des débutants qui ont quatre points d’inaptitude sur leur permis auto.   

L’annonce a été faire par le ministre des Transports (MTQ), François Bonnardel, et la présidente et chef de la direction de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), Nathalie Tremblay.     

Le gouvernement entend appliquer les 14 recommandations du Rapport du comité d'experts sur la sécurité des motocyclistes. Ce dernier est formé du Comité d’action politique motocycliste, du Conseil de l’industrie de la motocyclette, de la Fédération motocycliste du Québec (FMQ), du MTQ, de la SAAQ et de la Sûreté du Québec.   

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Ainsi, les apprentis motocyclistes seront assujettis à la même exigence zéro alcool que les automobilistes débutants. «C’est un non-sens que cette règle ne soit pas appliquée. J’ai demandé à la SAAQ de la mettre en vigueur dès 2021», a précisé M. Bonnardel, qui a invoqué une limite du système informatique pour expliquer que cette règle n’était pas appliquée.    

2400 refus potentiels   

«Tous les candidats souhaitant obtenir un (premier) permis moto, dont le dossier de conduite dont le dossier comporte quatre points d’inaptitude ou plus, se verront refuser l’accès dès la demande d’un permis. Dans les 10 dernières années, 67% des motocyclistes décédés (dans l’échantillonnage analysé par le comité) avaient des points d’inaptitudes à leur dossier», a expliqué le ministre.   

Selon M. Bonnardel, sur les 11 000 demandes de permis à chaque année, environ 2400 des aspirants comptent quatre points ou plus à leur dossier.   

Le ministre a précisé que la SAAQ applique la même règle des quatre points pour les personnes qui demandent un permis de camion lourd.   

«Nous voulons mettre en application l’ensemble de ces recommandations au plus tard en 2023. Je suis convaincue que ces mesures vont faire une différence», a déclaré Nathalie Tremblay.   

Les apprentis ne seront pas les seuls concernés par ces mesures. «On va continuer à travailler sur la sensibilisation des clientèles existantes pour les encourager à adopter les bons comportements», a ajouté Mme Tremblay.     

Ainsi, des mesures incitatives financières seront proposées pour encourager les motocyclistes à suivre des cours de rafraîchissement en début de saison.     

La sensibilisation des autres usagers de la route à la présence de motocyclistes, un espace web destiné à l’éducation à la sécurité routière, la promotion des équipements de sécurité, et une meilleure diffusion du bilan routier et des causes d’accidents font aussi partie des conclusions du rapport.   

La SAAQ ne s’attaquera cependant pas à la clause grand-père. Si le cours moto est obligatoire depuis 1979, les personnes ayant cette période ont vu leur expérience reconnue, pourvu qu’ils n’aient pas   

Le ministre aimait la course   

Le ministre Bonnardel s’y connait en la matière, même s’il ne possède plus de moto. «À 19 ans je faisais de la course, à Daytona, Sanair, Shannonville. J’ai eu plusieurs motos, dont une Ducati. Je n’ai plus l’âge de conduire une moto à risque», a-t-il dit au sujet de cette machine gratifiée aujourd’hui d’une immatriculation à 1760$ de la catégorie à risque.   

«Ma dernière a été une Kawasaki KLR 650, avec des pneus à piton, un peu plus tranquille.»   

«J’ai été jeune et j’ai eu des motos», a-t-il simplement répondu lorsque questionné s’il aimait la vitesse.   

François Bonnardel a aussi reconnu que des routes en meilleur état amélioreraient le bilan routier des motocyclistes. «On a énormément de rattrapage à faire du côté du réseau routier. On a des investissements importants dans les prochaines années et un déficit de maintien d’actifs à réduire.»   

Bien accueilli   

«Je trouve que c’est un pas dans la bonne direction. On a de l’écoute. Maintenant il reste à voir comment on va appliquer cela et la réception du public», a déclaré Sylvain Bergeron président de la FMQ, qui a participé au rapport, au sujet de l’action du gouvernement.   

M. Bergeron a ajouté que la FMQ et d’autres intervenants du monde de la moto vont aussi continuer à travailler sur une table de concertation sur les coûts des immatriculations.   

«On sait que c’est gelé jusqu’en 2021. On regarde pour ensuite optimiser les coûts. On paye les frais de trois mauvaises années et pour le déficit des années antérieures», a-t-il conclu.   

  

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