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Une semaine presque parfaite pour Trump

Une semaine presque parfaite pour Trump
Photo AFP

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Avec le fiasco des démocrates en Iowa lundi, un discours finement mis en scène mardi et son acquittement hier, le président américain entame sa campagne de réélection sur les chapeaux de roues. Les démocrates et lui auront pourtant des occasions de « s’autopeluredebananiser » d’ici à novembre.  

Depuis une semaine, les bonnes nouvelles et les occasions de se mettre en valeur se sont accumulées pour Donald Trump, alors que ses adversaires démocrates ont trouvé le moyen de transformer leur premier rendez-vous des primaires en fiasco.

Ça commence bien pour le président, mais la route est longue et si les démocrates ont montré qu’ils sont parfois leur pire ennemi, la même chose peut être dite de Donald Trump lui-même.

C’était bien parti

Depuis une semaine, Donald Trump collectionne les bonnes nouvelles. Son parti a d’abord limité les dégâts de son procès en refusant d’entendre de nouveaux témoins. L’institut Gallup lui a ensuite offert son meilleur taux d’approbation depuis le début de son mandat. 

Trump a pu pavoiser en signant un renouvellement de l’ALENA et il a bénéficié d’une entrevue complaisante devant les 102 millions de téléspectateurs du Super Bowl. En plus, les bourses semblent résister au nouveau coronavirus et la croissance de l’emploi se maintient.

Le fiasco et la téléréalité

Les démocrates auraient pu marquer des points en Iowa, mais le cafouillage du comptage les a fait passer pour des amateurs. De plus, les meneurs apparents, Bernie Sanders et Pete Buttigieg, ne sont pas les mieux placés pour vaincre Trump, et le faible taux de participation n’augure rien de bon.

Mardi soir, le président a offert à ses partisans un show bien orchestré de téléréalité où il donnait l’apparence d’un chef d’État, tout en servant un discours purement partisan truffé de faussetés. Le comble a été atteint lorsqu’il a remis une médaille prestigieuse au fielleux animateur de radio-poubelle Rush Limbaugh, qui empoisonne la vie politique américaine depuis des décennies.

Trump vs Trump

La zizanie du camp démocrate était manifeste en Iowa et le parti aurait pu sortir de cette semaine quasi parfaite pour Trump bien plus amoché si les sénateurs démocrates n’avaient pas voté en bloc pour condamner le président. 

Le pavé dans la mare est venu de Mitt Romney, ancien candidat présidentiel républicain, qui a choisi de voter pour la destitution et de priver le président d’un appui unanime de son parti. 

Le président ne manquera pas de présenter cet acquittement comme une exonération et une grande victoire, mais Romney a révélé que son parti n’est pas entièrement exempt de divisions. La réaction du président à son vote sera vive et amènera certains de ses partisans à se questionner sur son leadership presque entièrement fondé sur la peur qu’il inspire à ses opposants internes. 

Certains républicains croient que le président tirera une leçon de cet épisode, mais si le passé est garant de l’avenir, il est plus probable qu’il se croit invulnérable et qu’il commette d’autres abus de pouvoir. 

Le discours de mardi a aussi montré qu’il risque facilement de tomber dans un excès de partisanerie qui repoussera les électeurs du centre. Si les démocrates ne peuvent pas compter sur eux-mêmes pour vaincre Trump, c’est peut-être Trump lui-même qui le fera.