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Bâillon: le projet de loi contesté avant même d’être adopté

Le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Alain Fortier
Photo d'archives, Simon Clark Le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Alain Fortier

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QUÉBEC – La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) entendent contester devant les tribunaux le projet de loi 40 qui doit être adopté sous bâillon vendredi.  

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«Le ministre dit qu’il a fait toutes ses vérifications, mais il ne nous a jamais présenté ses avis juridiques. Moi je ne demande qu’à voir et s’il ne veut pas le produire, désolé, mais nous on va aller le vérifier», a déclaré le président de la Fédération, Alain Fortier, vendredi.  

«On va prendre des recours, on va se battre et j’appelle les profs à résister [...]. On ne lâchera un pouce de ce combat-là», a quant à lui affirmé le président de la FAE, Sylvain Mallette, en parlant d’un projet de loi qui «ne reconnaît pas l’expertise des profs».  

Les députés sont réunis exceptionnellement à l’Assemblée nationale vendredi pour l’adoption accélérée du projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire. Depuis son élection, c’est la quatrième fois que le gouvernement Legault fait usage de cette procédure exceptionnelle pour faire adopter une de ses réformes.  

Pour François Legault, il s’agit d’un mal nécessaire pour abolir les élections scolaires dont les Québécois ne veulent plus. Il reproche aux partis d’oppositions de lui barrer la route et d’allonger inutilement l’étude de son projet de loi en commission parlementaire.  

D’ailleurs, il les a mis au défi de ramener les élections scolaires s’ils sont portés au pouvoir en 2022.  

«Je vais vous faire une prédiction, en 2022, je suis sûr que le Parti libéral et le Parti québécois ne vont pas promettre de ramener les élections scolaires», a-t-il déclaré en point de presse avant de se rendre au Salon bleu, vendredi.  

Les partis d’opposition dénoncent quant à eux un déni de démocratie. Ils reprochent au gouvernement Legault de camoufler une réforme majeure du système de l’éducation derrière son désir d’abolir les commissions scolaires.  

«Je me demande si le plus grand fan Facebook de François Legault sait que 36 des 37 blocs du projet de loi 40 ne touchent pas les élections scolaires», a ironisé sur Twitter le chef du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand.  

«Sous le couvert de cette idée d’abolir les élections scolaires, le gouvernement en profite pour faire une réforme énorme de la loi fondamentale en éducation au Québec [...] qui est modifiée de dizaine et de dizaines de manières et dont on n’a même pas pu débattre», a déclaré la porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Véronique Hivon.  

«Le gouvernement de la CAQ nous dit que l'éducation, c'est leur priorité et que ça leur tient vraiment à coeur. Moi, quand je les regarde aller, je ne les crois pas. Si ça leur tenait vraiment à coeur, l'éducation, ils travailleraient en collaboration avec tous les partenaires du réseau», a affirmé la porte-parole de Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie.