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La famille Bombardier a peu investi dans la gamme d’avions C Series

Elle n’a acheté des actions de Bombardier qu’une seule fois depuis 2006

GEN-BOMBARDIER-ASSEMBLEE
Photo Agence QMI, Joël Lemay Pierre Beaudoin (à gauche), président du conseil de Bombardier, aux côtés de son père, Laurent, ancien PDG de l’entreprise, lors d’une assemblée d’actionnaires.

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La famille Bombardier a relativement peu contribué, financièrement, au plus ambitieux projet jamais lancé par la multinationale éponyme : la gamme d’avions C Series, maintenant connue sous le nom d’Airbus A220. 

Depuis 2006, les descendants de Joseph-Armand Bombardier n’ont acheté qu’une seule fois des actions pour renforcer le bloc qui leur donne le contrôle de l’entreprise. 

Investissement de 64 M$ 

En 2015, la famille a déboursé un peu plus de 64 M$ pour acquérir 29 millions d’actions à un prix unitaire de 2,21 $. 

Cet investissement a représenté moins de 6 % de l’émission d’actions faite par Bombardier en 2015, qui a rapporté 1,1 G$. 

Un an plus tôt, le bâtisseur du Bombardier moderne, Laurent Beaudoin, et son épouse, Claire Bombardier, avaient placé 150 M$ dans Ciment McInnis. 

Rappelons qu’en 2016, Québec et la Caisse ont investi 3,3 G$ dans Bombardier. 

La famille n’a pas participé à la dernière émission d’actions de Bombardier. Celle-ci a eu lieu en mars 2018 et a permis de récolter un peu plus de 638 M$. 

Résultat : la participation économique de la famille dans Bombardier n’a cessé de reculer depuis au moins l’an 2000. Son bloc d’actions représente actuellement moins de 11,5 % du total, contre 14 % en 2015 et 21 % en 2000. 

Moins d’actions qu’en 2004 

Même en chiffres absolus, le bloc de la famille Bombardier est aujourd’hui moins important qu’il y a 16 ans. Il compte actuellement 279,4 millions d’actions, contre 281,1 millions d’actions en 2004. 

« La famille Beaudoin-Bombardier s’est toujours comportée en investisseur patient, en appui inconditionnel au développement de l’avion C Series comme de tous les autres programmes, même si elle perdait chaque année de la valeur sur son placement. Elle a ainsi permis de garder le centre décisionnel de Bombardier ici », a commenté un porte-parole de l’entreprise, Olivier Marcil. 

La famille a gardé le contrôle de Bombardier grâce à ses actions à droits de vote multiples, dotées de 10 votes chacune.  

Mais depuis 2015, les descendants de l’inventeur de la motoneige ne contrôlent plus Bombardier grâce à leur bloc historique, qui ne leur procure plus que 48,3 % de tous les droits de vote. Ils ont besoin des actions détenues par d’autres membres de la famille, lesquelles font porter les droits de vote totaux des Bombardier à 50,8 %. 

Le développement de la C Series et du jet de luxe Global 7500 a coûté quelque 10 G$ US à Bombardier. Ces projets ont largement contribué à faire exploser la dette de Bombardier, qui est passée de 4 G$ US en 2009 à plus de 9 G$ US aujourd’hui. 

Comme pour bien des actionnaires de Bombardier, la chute boursière a coûté cher à la famille, du moins sur papier. La valeur de son bloc d’actions est passée de 7,3 G$ en septembre 2000 à 411 M$ hier. 

Participation de la famille dans Bombardier  

  • 279,4 millions d’actions de catégories A et B (11,5 % du total) 
  • Valeur de 410,7 M$ 
  • Droits de vote : 48,3 %