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Les mots dits du samedi

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Le pied au plancher

1. Elle a subi un revers d’infortune ou elle a subi un revers de fortune ? L’expression « revers d’infortune » n’existe pas. Une infortune est un malheur, une disgrâce, un échec... donc un revers de fortune. « Revers de fortune », voilà l’expression qu’il faut utiliser pour traduire un échec, un accident qui change une situation agréable en une mauvaise. 

2. Lui faire changer d’idée ou le faire changer d’idée ? Avec le verbe « faire » suivi d’un infinitif qui a un complément d’objet indirect (COI), on emploie généralement les pronoms le (la, les). Le COI est joint au verbe par l’intermédiaire d’une préposition (à, de...) pour en compléter le sens. Le mot « idée » joint au verbe par la préposition « de » est un complément d’objet indirect. Changer de quoi ? Changer d’idée. On dira donc : je veux le faire changer d’idée. Faire suivi d’un infinitif ayant un complément d’objet direct (COD) commande l’emploi des pronoms lui, leur : je veux lui (ou leur) faire accepter mon aide. 

3. Lequel des mots « plain-pied » ou « plein-pied » doit-on employer pour désigner un appartement dont les pièces sont situées au niveau du sol ? (De) plain-pied signifie « au même niveau », « construit au niveau du sol extérieur ». Au figuré, ce vocable peut remplacer les expressions « en harmonie », « sans intermédiaire ni formalité ». Ex. : Le jardin est de plain-pied avec le salon. Gérald est entré de plain-pied dans la conversation. Le terme « plein-pied » n’existe tout simplement pas.

Tout nus

1. « Le titre (d’une de vos chroniques) était : “On naît nus”. Pourquoi un “s” à “nus” ? » me demande une lectrice, Marie-Claude L., puisque le pronom et le verbe sont au singulier. La fonction première du pronom indéfini « on » est de ne désigner personne en particulier, mais il arrive qu’il prenne la place de personnes identifiées, ou d’un pronom personnel (nous, vous). Les adjectifs et les participes passés qui y sont rattachés peuvent alors varier. On naît nu. Ou on naît nus, c’est-à-dire qu’on naît (tous) nus. Voici un exemple hors salle d’accouchement : Après avoir couru dix kilomètres, Marie est fraîche comme une rose, mais Michel et moi, on est épuisés. Pourquoi faire varier l’attribut (épuisés) si le verbe (est), lui, ne varie pas ? Réponse : Bien que le pronom « on » remplace à l’occasion des personnes ou un pronom personnel, il n’en reste pas moins sur le plan formel un sujet au singulier qui annonce, sans exception, un verbe au singulier. 

2. Une lectrice assidue, C. Poliquin, se désole de la pauvreté du langage d’un journaliste dont elle tait le nom par délicatesse. Elle cite les bouts de phrase suivants, « j’en ai de besoin », « ce qu’on se rend compte ». Boiteuse, l’expression « avoir de besoin » fut utilisée à une époque... révolue. On n’a pas besoin de ce français fatigué. On n’en a certes pas « de besoin ». Quant à la locution verbale se rendre compte, elle commande un complément indirect. On dira « ce dont on se rend compte » et « on doit se rendre compte “de” l’importance des mots et des règles. »

Quelle est la bonne formule ?

1. Les cent dollars que le spectacle m’a coûté ou les cent dollars que le spectacle m’a coûtés ? 

2. Elle a été sérieusement blessée ou elle a été gravement blessée ?

Les lettres mêlées

RMBBAALLEEIINVS 

Définition : Qui surprend par son côté bizarre.

Réponses 

Quelle est la bonne formule ? 

1. Les cent dollars que ce spectacle m’a coûté. 

2. Elle a été gravement blessée. 

Les lettres mêlées : INVRAISEMBLABLE