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Notre aluminium en péril

Liquid Molten Steel Industry
Photo Adobe Stock

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L'ÉNONCÉ

Le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Pablo Rodriguez, a répondu mardi aux critiques du Bloc québécois au sujet de la protection de l’aluminium dans l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, le nouvel accord de libre-échange qui devrait être ratifié bientôt.« Parlons du fait qu’on doit avoir 70 % de contenu nord-américain en ce qui concerne l’aluminium », a-t-il soutenu. Ce dernier voulait souligner le fait que l’accord exige que 70 % de l’aluminium provienne du Canada, des États-Unis ou du Mexique, et non pas d’autres pays.

LES FAITS

M. Rodriguez oublie de mettre en contexte certains éléments. D’abord, précisons que l’obligation d’utiliser 70 % d’aluminium en provenance de l’Amérique du Nord s’applique seulement au secteur automobile.

Ensuite, le 70 % des achats d’aluminium inclut autant l’achat direct qu’un achat provenant d’un fournisseur ou d’un centre de service.

Ensuite, contrairement à l’aluminium, un mécanisme de protection de l’acier a été ajouté à l’accord pour s’assurer que le produit viendra bien d’ici. D’ici sept ans, l’acier devra bel et bien être « coulé et fondu » en Amérique du Nord pour être considéré comme nord-américain.

Or, ces éléments pourraient laisser la porte ouverte à l’achat d’aluminium ailleurs dans le monde, qui serait ensuite légèrement transformé sur le continent nord-américain. Il serait alors considéré comme de l’aluminium d’origine nord-américaine, même s’il vient d’ailleurs. Le dossier de l’aluminium pourrait toutefois être réévalué par le biais de mécanismes inclus dans l’accord pour réviser ou évaluer des éléments problématiques.

Le chiffre de la semaine : 56 %

Plus de la moitié des jeunes de 15 à 34 ans qui ont reçu des soins de santé en 2018 ont été traités pour des problèmes de santé mentale. De ce nombre, Statistique Canada révèle d’ailleurs que les jeunes hommes étaient un peu plus nombreux que les jeunes femmes à recevoir des soins de santé mentale, soit 52 % contre 48 %.

Ces données soulignent également l’importance de l’entourage de ces jeunes : 76 % d’entre eux estiment qu’ils n’auraient pas pu aller chercher de l’aide sans leur entourage. D’ailleurs, 74 % des jeunes bénéficiaires de soins en santé mentale s’estimaient satisfaits de l’aide prodiguée par leur entourage et par des professionnels.

— Marie Christine Trottier