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Une année de transition pour Jean-Philippe Dion

Jean-Philippe Dion
Photo courtoisie, William Arcan TVA présente La vraie nature demain à 21 h 15.

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Jean-Philippe Dion a besoin de brasser les cartes... professionnellement parlant. Voilà pourquoi le producteur et animateur a récemment entamé une réflexion. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Il l’ignore encore. Chose certaine, son émission d’entrevues à cœur ouvert, La vraie nature, amorcera sa troisième saison dimanche soir. 

Vous ne faites pas de radio cette année. Ça vous libère pour quel genre de projets ?

Ça m’a permis de réfléchir à mon avenir professionnel. Où est-ce que je m’en vais ? Dans ma carrière, c’est le genre de chose que j’aime faire. J’ai arrêté Accès illimité parce que j’avais besoin de faire autre chose. La radio, c’est pareil. Je suis au milieu d’une année de changements pour plein d’affaires. Une année de transition.

Vous donnez pourtant l’impression d’être sur votre X...

Je suis sur mon X, mais mon X bouge. J’ai besoin d’être stimulé, d’être challengé. Est-ce que La vraie nature va prendre une pause ? C’est le genre de réflexion que j’ai présentement.

Au cours des dernières années en télé, des mesures ont été prises pour assurer une meilleure représentation des personnes issues des minorités visibles. On parle aussi de parité. Est-ce que ces questions viennent alourdir la production d’une émission comme La vraie nature ?

Je ne veux jamais faire des choix de contenu en fonction de critères de société. Je n’aurais pas envie qu’on m’appelle pour un contrat parce que je suis gai, par exemple. Mais évidemment, on fait attention. Ça m’arrive de compter le nombre de femmes et d’hommes pour être sûr qu’on ne tombe pas trop d’un côté. Avec La vraie nature, le but, c’est d’avoir des histoires différentes. On n’a pas booké Boucar Diouf parce qu’il est noir. On l’a booké parce qu’il a un parcours totalement différent des autres. C’est la même chose pour Ginette Reno et Mehdi Bousaidan. On ne les a pas mis dans la même émission parce qu’ils sont d’origines différentes, mais parce que leurs histoires sont différentes. On a booké Marguerite Blais et Julien Lacroix parce que Marguerite est plus âgée. Elle a vécu mille affaires. Julien est plus jeune, il commence sa carrière. Ça donne une rencontre hyper intéressante. Il y a quelque chose qui se passe quand on mélange les sexes, les générations, les expériences...

Vous avez récemment accepté de devenir l’ambassadeur officiel des Cantons-de-l’Est. Vous êtes resté attaché à votre région natale même si vous habitez maintenant à Montréal ?

Oui. Mon premier job de producteur, c’est au théâtre de l’ancien presbytère de Granby que je l’ai eu. J’ai fait la billetterie, la technique, les relations de presse... Depuis que j’ai déménagé à Montréal, [pour] les deux plus grosses émissions que j’ai animées, La vraie nature et Star Académie en 2012, j’ai amené les productions en Estrie. Pour Star Académie, on tournait à Frelighsburg. Pour La vraie nature, on tourne à Lac-Brome. C’est important pour moi de faire connaître cette région, avec son architecture anglaise, son esthétique, ses forêts, etc. Si j’avais le choix, j’irais vivre là-bas à temps plein.

Départ à quatre

La vraie nature entame sa nouvelle saison avec non pas un trio, mais un quatuor, demain soir. François Pérusse, Les sœurs Boulay et Claude Legault se livrent avec beaucoup de générosité à Jean-Philippe Dion. Si l’on ressent un léger malaise/timidité/gêne entre les invités en début d’émission, ce sentiment se dissipe après une visite chez l’apiculteur (curieusement surnommé Joe gros dard) et quelques jeux de mots douteux de Pérusse (« Est-ce que vous avez l’album des Beatles, Abeille Road ? »).

Parmi les moments les plus intéressants du rendez-vous d’une heure, on retient les confidences de Claude Legault sur quelques sujets clés, comme son enfance trouble à Montréal-Nord. Une enfance notamment passée à expérimenter avec plusieurs « drogues de pauvres » : colle, mescaline, etc. Sa relation complexe avec son père suscite également des échanges intéressants.

Soulignons d’ailleurs l’excellent travail des recherchistes, qui ont déterré un extrait particulièrement révélateur de Minuit, le soir pour appuyer les épanchements du comédien et auteur.

Quant aux sœurs Boulay, le discours de Mélanie sur l’importance d’écouter son corps après un burn-out devrait résonner chez plusieurs téléspectateurs. Côté plus léger, la réaction des musiciennes en visionnant la vidéo d’un vieux récital du temps qu’elles poussaient la note au sein d’une chorale à New Richmond, en Gaspésie, est hilarante. On est beaucoup moins sévère qu’elles devant leur performance, mais force est d’admettre que leurs harmonies vocales ont pris du galon — beaucoup de galon — depuis cette époque.

Plus pudique émotionnellement, François Pérusse met plus de temps à s’ouvrir devant l’objectif. Malgré tout, au terme de l’émission, il donne l’impression d’avoir grandi. « Ce week-end a changé ma vie », va-t-il même jusqu’à déclarer.