/sports/hockey
Navigation

La boule de cristal d’Éric Boucher

Il avait prédit que l’Océanic remporterait la Loto-Lafrenière en 2017

Dossier Alexis Lafrenière_0158
Photo Martin Chevalier Éric Boucher est dans le giron de l’Océanic depuis sa fondation en 1995. Il en est le président depuis 2011.

Coup d'oeil sur cet article

RIMOUSKI | Lorsqu’une équipe de hockey est admissible à une loterie pour un premier choix au repêchage, il lui suffit de croire à ses chances pour gagner. Facile n’est-ce pas ?   

C’est ce qu’a fait pourtant Éric Boucher, président de l’Océanic de Rimouski, lors de la Loto-Lafrenière en 2017. Il faut l’entendre raconter l’histoire.  

« La veille du tirage, alors que je voyageais avec Serge Beausoleil, je lui ai dit qu’on allait gagner le gros lot, dit l’homme qui préside les destinées de l’Océanic depuis 2011.  

« Puis, je lui ai ajouté que toute personne de notre entourage qui n’y croyait pas ne devrait pas rester autour de nous. Serge a répondu qu’il me déléguerait au podium pour annoncer notre sélection le jour du repêchage si on gagnait.  

« On en faisait un peu une blague, mais on a commencé à y croire. »  

Et pourquoi donc ?  

« Tout le monde dit que lorsque tu crois dur comme fer à un rêve, ça va se réaliser. On avait une chance sur sept [trois boules sur un total de 21] de l’emporter. C’est beaucoup ! »  

Quelle équipe déjà ?   

Les cinq dernières formations au classement de la Ligue junior majeur du Québec étaient sur les rangs.   

Les chances des Wildcats de Moncton, derniers au classement général, s’élevaient à 50 %. Celles de l’Océanic étaient de 14 %.  

Boucher a poussé un cri de joie en entendant que l’Océanic l’avait emporté. Ça lui a valu des remontrances de la ligue qui trouvait sa réaction déplacée.  

Mais comment pouvait-il ne pas réagir ? D’autant plus qu’il l’avait prédit.   

On ne gagne pas le gros lot tous les jours.   

Beausoleil a tenu promesse. Boucher est monté sur la scène pour annoncer que l’Océanic était fier de repêcher Lafrenière, tâche habituellement réservée au directeur général ou au recruteur-chef de l’heureuse équipe. Il avait les jambes molles.  

« J’étais sur le nerf, raconte-t-il en riant.  

« J’avais tellement peur de me tromper. Je savais qu’Alexis jouait à Saint-Eustache, mais je ne me souvenais plus du surnom de l’équipe. Je ne savais plus si c’était les Guerriers ou les Warriors. »  

Boucher n’était pas loin, mais ce n’était ni l’un ni l’autre des noms qu’il avait en tête. C’était les Vikings, mais il l’a eu à la fin.  

« J’étais tellement fier, je l’avais prédit ! lance-t-il avec joie.  

« Son agente [Émilie Castonguay] nous a appelés pour nous informer qu’il viendrait jouer à Rimouski. Il tenait à jouer dans la Ligue junior majeur du Québec. »  

Et il n’a pas déçu.  

Un conseil à suivre  

« Le seul conseil qu’on peut donner à Alexis, c’est d’améliorer ses relations avec les arbitres », souligne Boucher.  

Plus tôt cette saison, Lafrenière et Beausoleil ont été expulsés d’un match pour avoir contesté avec véhémence une mise en échec de Leon Denny, des Cataractes de Shawinigan, à l’endroit de Cédric Paré.  

Boucher trace un parallèle à cet égard avec Sidney Crosby.  

« Sidney a dit dans le cadre d’une entrevue qu’il a accordée au cours des derniers mois que son seul regret dans le hockey était de ne pas toujours s’être bien conduit envers les officiels », rappelle-t-il.  

C’est non sans une certaine nostalgie que Boucher voit venir les prochains mois.  

« On va s’ennuyer de lui quand il va partir », dit-il.  

Mais s’il est comme Vincent Lecavalier ou Crosby, Lafrenière va retourner souvent à Rimouski.  

« Habituellement, les joueurs qui remportent la coupe Stanley retournent dans leur ville natale avec la coupe, mentionne Boucher.  

« Crosby l’a fait [il est natif de Cole Harbour en Nouvelle-Écosse]. Mais il a appelé Gary Bettman pour lui demander l’autorisation de garder la coupe une journée de plus afin de venir la montrer aux gens de Rimouski.  

« Il est venu en avion privé à ses frais. Il y avait 7000 personnes sur le bord du fleuve. Quel homme ! »  

Des ambassadeurs  

Crosby a laissé un souvenir indélébile à Rimouski. Il s’y rend presque chaque été accompagné d’amis. Il mange dans les restaurants où il avait l’habitude d’aller durant ses deux saisons avec l’équipe et il joue au golf.  

L’Océanic aurait pu vendre 15 000 billets lors de la soirée du retrait du chandail de Crosby, en septembre dernier.   

L’équipe va lui envoyer au printemps le casier qu’il occupait au Colisée, une idée de l’ancien du Canadien Donald Dufresne, un bon ami de Crosby qui faisait partie du personnel d’entraîneurs de l’Océanic à l’époque et qui y a repris place après une association de plusieurs années avec le club-école du Canadien.  

Crosby et Lecavalier sont de précieux ambassadeurs pour leur ancienne formation junior.   

Les deux ont communiqué avec Zachary Bolduc alors que ce dernier était partagé entre l’idée d’aller jouer dans une école secondaire au Rhode Island et de porter les couleurs de l’Océanic.  

Leur intervention n’a pas eu l’effet voulu tout de suite. Mais Bolduc a pris le chemin de Rimouski en courant après seulement deux semaines avec l’équipe de l’école Mount Saint Charles.