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«Tétanisé», Mukendi ne pouvait témoigner

Le pasteur veut maintenant se faire entendre en cour

Paul Mukendi, ici au palais de justice de Québec le 24 janvier pour les observations sur la peine, avait été reconnu coupable en juin des neuf chefs d’accusation pour agression sexuelle, voies de fait armées et menaces de mort qui pesaient contre lui.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Paul Mukendi, ici au palais de justice de Québec le 24 janvier pour les observations sur la peine, avait été reconnu coupable en juin des neuf chefs d’accusation pour agression sexuelle, voies de fait armées et menaces de mort qui pesaient contre lui.

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En juin dernier, lorsque le pasteur Paul Mukendi a subi son procès pour agression sexuelle, il a été « tétanisé » à la suite d’un courriel reçu et cet état l’a empêché de témoigner pour sa défense.

• À lire aussi: Observations sur la peine de l'«apôtre de Québec»: le Doc Mailloux à la défense du révérend Paul Mukendi   

C’est du moins ce qu’est venue expliquer en Cour d’appel, lundi, son avocate, Me Dominique Bertrand, qui demande à ce que le banc de juges accepte maintenant d’entendre « une preuve nouvelle », à savoir le témoignage de son client. 

Dans la dizaine de pages contenue dans la requête déposée en Cour d’appel, on apprend que ce serait le 9 juin que celui qui se fait appeler « l’apôtre de la ville de Québec » a eu connaissance d’un courriel – frappé d’une ordonnance de confidentialité – qui provenait de l’un des témoins de l’affaire.

Courriel déstabilisant

Ce n’est toutefois que cinq mois plus tard, soit le 21 novembre, que « le fondateur et président international du Ministère Paul Mukendi et pasteur principal du Centre évangélique Parole de Vie à Québec » a fait savoir à ses procureurs à quel point il avait été déstabilisé.

« Ces événements [...] ont rendu l’appelant anxieux, figé, paralysé, terrorisé, voire démoli au point de le rendre incapable de témoigner et d’assumer pleinement sa défense », a souligné Me Bertrand qui demande à la Cour d’appel d’autoriser une preuve nouvelle, soit le témoignage de Mukendi.

Au surplus, Me Bertrand a mentionné dans sa requête que son client avait « toujours proclamé son innocence » et qu’il ne pouvait « s’expliquer comment le jury avait pu le trouver coupable », est-il écrit dans le document de cour.

Pour étayer ses explications, l’avocate a eu recours au service du psychiatre Pierre Mailloux qui a rencontré le pasteur quelques jours après qu’il eut avoué son sentiment d’avoir été traité « de façon inéquitable ».

De son côté, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Sonia Lapointe a questionné la cour à savoir pourquoi on redonnerait « une deuxième chance » à quelqu’un qui, estime-t-elle, croit avoir « fait une erreur en ne témoignant pas ».

Coupable

Rappelons qu’après qu’il a été trouvé coupable d’agression sexuelle, de voies de fait causant des lésions et de menace sur une plaignante, la défense avait porté le verdict en appel.

Lors des observations sur la peine, elle avait souligné qu’un sursis de sentence accompagné d’une période de probation et de travaux communautaires pourrait répondre aux critères d’une sentence juste et équitable.

La Couronne proposait plutôt une période d’emprisonnement variant entre huit et dix ans.

La décision doit être rendue le 27 février. Concernant la présentation de la preuve nouvelle, la Cour d’appel fera connaître sa position jeudi.