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Ces femmes qui craignent le pouvoir

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Agnès Maltais souhaite convaincre plus de femmes à se lancer.

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Pourquoi les femmes demeurent-elles sous-représentées en politique ainsi qu’au sein des CA et à la haute direction d’entreprises? La question préoccupe l’ex-députée et ministre Agnès Maltais, qui souhaite apporter sa contribution dans la recherche de solutions. 

Agnès Maltais ne s’est pas fait prier pour accepter la présidence d’honneur du prochain colloque du Réseau Femmes et politique municipale de la Capitale-Nationale, qui aura lieu le 28 février à Québec. 

«Je veux continuer à faire avancer les choses», dit celle qui s’est retirée en 2018, après 20 ans en politique, et qui agit comme présidente d’élection de la course à la direction du PQ.  

Ironie du sort, aucune candidature féminine n’est dans la course, situation qu’elle évite de commenter, neutralité oblige. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue d'Agnès Maltais avec Sophie Durocher à QUB Radio ici :

Pour en revenir au colloque, l’idée, c’est de comprendre et de faire cheminer la réflexion par les femmes qui sont en position de briguer des postes décisionnels. On souhaite aussi leur offrir des outils pour les convaincre de convoiter des postes de pouvoir, tant en politique qu’en affaires, et d’y demeurer.  

«La situation qu’on vit en politique, elle est la même que dans le milieu des affaires, et partout, et c’est la première fois qu’on propose de comparer les deux réalités», soumet Mme Maltais.  

Portrait éloquent 

Une enquête de Statistique Canada révélait récemment qu’à peine 18,1 % des postes d’administrateurs étaient occupés par des femmes en 2017, dans les sociétés publiques, privées et gouvernementales. En politique, les chiffres sont aussi éloquents, avec une progression au ralenti de la représentation féminine.  

Sur la scène politique municipale, on compte 23 % de femmes préfètes, 18 % de mairesses, et 32 % de conseillères municipales. Dans la capitale nationale, ces chiffres sont respectivement de 17 %, 12 % et 33 %. Ainsi, fait remarquer Mme Maltais, «on est à peu près toujours légèrement en dessous du niveau national, c’est donc intéressant qu’on se parle. [...] On a des femmes de tête dans la région. [...] Il faut vraiment atteindre la parité.» 

Si elle ne peut expliquer ces différences, l’ex-politicienne croit qu’il s’agit d’incitatifs à chercher des solutions. «On se dit qu’il pourrait y avoir plus de femmes si on faisait les choses différemment», ajoute Lise Pilote, coordonnatrice du réseau.  

Stéréotypes 

Certes, il subsiste des stéréotypes envers les femmes dans les milieux décisionnels et en politique. Elles se voient facilement accoler des étiquettes comme celui de l’émotive, de l’agressive, voire de l’hystérique, par exemple. Une réalité qui tend à s’atténuer et qui disparaîtra, estime Mme Maltais.  

Mais force est de reconnaître que les femmes elles-mêmes entretiennent des craintes envers la politique, les médias et le pouvoir. Cette crainte, jumelée à un manque de confiance, les freine à faire le saut, d’où l’intérêt de les soutenir et de les accompagner pour les convaincre.  

«Il faut leur dire que ça vaut la peine et que c’est le fun, souligne Mme Maltais. Il y a une réalisation de soi-même dans les univers décisionnels qu’il ne faut pas négliger.»  

Les hommes sont invités à participer à la réflexion. «Il ne faut pas se laisser freiner, de lancer Mme Maltais, il faut avancer, et on avance.» Lentement, mais sûrement.