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La force tranquille

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Il est révélateur que, jusqu’ici, le candidat à la direction du Parti québécois qui alimente le moins les conversations soit le plus expérimenté, le seul à être député et le premier à avoir annoncé ses intentions.

Au sein du PQ, Sylvain Gaudreault a toujours été une valeur sûre. Il s’organise et gagne dans sa circonscription, puis il s’occupe de ses dossiers. Quand Pauline Marois lui a confié la tâche colossale de diriger deux immenses ministères, il n’a pas démérité, faisant preuve d’une rigueur et d’une intégrité à toute épreuve. 

Il est le seul titulaire récent des Transports à ne pas avoir pris la chaleur pour des scandales, mais bien parce qu’il dérangeait avec la vision d’une mobilité durable qu’il portait.

Cohérence 

Certains disent de Bernie Sanders que ce qui est plus remarquable chez lui, c’est la cohérence avec laquelle il défend au mot près les mêmes idées depuis le début de son engagement politique. On peut dire la même chose de Sylvain Gaudreault. 

Il parlait d’environnement bien avant que cette question soit au centre de l’actualité. Il parlait de justice sociale et d’équité bien avant que le PQ ne s’inquiète de Québec solidaire. Ces questions sont au centre de ses préoccupations et ça ne changera jamais.

Pragmatique 

On le dit tiède sur les questions identitaires et ce n’est pas faux. Il comprend pourquoi les gens trouvent ça important, mais il voit des enjeux plus urgents. Ce pragmatique ne jouera pas à la surenchère référendaire dans cette course, mais il est celui qui, jusqu’ici, élabore le mieux comment utiliser le logiciel souverainiste pour dresser le bilan du nationalisme de François Legault.

Il ne faut rien attendre de spectaculaire de la campagne de ce raquetteur résolu. Il y a toutefois dans la constance des traces qu’il a laissées la démonstration d’une force tranquille que les militants auraient tort d’ignorer.