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Agence mondiale antidopage: un club-école à l’Université de Sherbrooke

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L’Agence mondiale antidopage (AMA), qui est basée à Montréal depuis 2002, a annoncé mardi la création d’une chaire de recherche sur l’antidopage dans le sport, en collaboration avec l’Université de Sherbrooke, faisant du Québec le véritable club-école dans le domaine. 

Il s’agit d’une première mondiale, puisqu’aucune autre université ne proposait jusque-là les volets recherche et éducation par rapport à l’antidopage. Le projet se mettra en branle dès 2021 et sera financé par l’AMA à la hauteur de 1 M$ réparti sur cinq ans, un montant qui sera égalé par l’Université de Sherbrooke. La partie éducationnelle sera assurée par une maîtrise. 

Celle-ci permettra à des étudiants de plusieurs domaines universitaires de se spécialiser dans tout ce qui a trait à l’antidopage, du laboratoire à la cour de justice. 

«Aujourd’hui, la lutte antidopage ne peut plus se comprendre d’un point de vue uniquement juridique, uniquement scientifique ou gestionnaire. Ce sont des problèmes complexes qui sont interreliés. Quand on prend un problème comme la Russie, dont tout le monde parle, ça prend des scientifiques, ça prend des juristes, ça prend des gens en communication et ça prend des administrateurs», a indiqué le titulaire de cette nouvelle chaire, David Pavot, qui est très fier de présenter ce projet. 

«C’est vraiment cette multidisciplinarité qui nous a attirés», a confié Olivier Niggli, directeur de l’AMA depuis 2016. «Les étudiants ont la chance de pouvoir passer d’une faculté à l’autre. Ça se voit même aujourd’hui avec les médecins qui vont suivre des cours de droit ou les juristes qui vont suivre des cours de médecine. C’est quelque chose qui fait déjà partie de leur ADN, et pour l’antidopage, c’est le genre de structure qui est adéquate pour une chaire comme ça.» 

Les premiers thèmes abordés dès les débuts du programme toucheront la protection des lanceurs d’alertes, le partage d’information dans la lutte antidopage, l’image de marque et la gouvernance de la lutte ainsi que la protection des droits de la personne. 

Faire des petits à l’international 

Pavot a assuré que ces cours seront accessibles non seulement sur le campus longueuillois de l’Université de Sherbrooke, mais aussi à distance. Ainsi, on mise sur le caractère cosmopolite de Montréal pour faire rayonner ce programme à l’international. 

«Si on peut former des étudiants d’Afrique ou d’Amérique latine, ceux-ci vont retourner dans leur pays avec une connaissance et une compréhension du système antidopage, des règles et des problèmes médicaux. Si ces gens deviennent responsables de l’antidopage ou travaillent pour une fédération sportive de leur pays, le niveau d’antidopage mondial augmentera», a ajouté Niggli. 

Le financement de projet dans ce sens est déjà amorcé et, cette année, ce sont quatre doctorantes venant du Burkina Faso, du Canada, de la France et de l’Ukraine qui ont reçu le soutien de l’Université de Sherbrooke. L’une de ces étudiantes, Micheline Somda, seconde d’ailleurs Pavot dans la création de cette chaire.