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Écofrais sur les produits consignés: la population est prête, selon le ministre Benoit Charette

ministre de l'Environnement Benoit Charette
Capture d'écran, LCN

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Les Québécois sont prêts à payer un peu plus cher pour absorber le coût de récupération des contenants de jus et autres boissons qui seront consignés, selon le ministre Benoit Charette.   

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La consigne élargie annoncée par le gouvernement Legault entraînera une hausse du prix des boissons en raison d'écofrais qui seront appliqués sur les produits, a révélé Le Journal.    

«Tous les vox pop qui ont été faits à travers les grands médias ces derniers jours [...] laissent entendre que la population, elle est prête pour cette transformation-là», a plaidé mardi le ministre de l’Environnement sur les ondes de LCN.    

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Benoit Charette à QUB radio:

Les contenants en verre, en métal ou en carton d’un format de 100 ml à 2 litres seront progressivement consignés à compter de 2022.         

Il était déjà annoncé que les Québécois devraient payer 25 cents de plus à l’achat d’une bouteille de vin ou de spiritueux et 10 cents de plus pour chaque bouteille d’eau ou pinte de lait. Mais des écofrais pourront également être imposés par l’industrie, qui aura la responsabilité de financer et de gérer le transport et la manutention dans le cadre du nouveau système.    

Benoit Charette rappelle que le montant de la consigne sera remboursé entièrement aux citoyens qui apporteront leurs contenants aux centres de dépôt.     

«Et c’est très juste, il y a certaines entreprises qui vont peut-être ajouter un cent ou deux aux contenants, donc on parle tout de même de sommes minimes pour pouvoir assurer les transformations qui sont nécessaires», a renchéri le ministre caquiste.    

Selon lui, les Québécois ne sont pas intéressés à poser des gestes pour l’environnement si les bénéfices ne sont pas au rendez-vous. «Mais lorsqu’ils savent que le résultat sera tangible et réel, c’est des gens qui sont très volontaires à faire les bons gestes en autant que les résultats soient ceux promis», a fait valoir M. Charette.    

«Temporaire», dit Legault  

Son chef, François Legault, n’aime pas qu’on utilise le terme «écofrais» pour parler des coûts de recyclage refilés aux contribuables par l’industrie.   

Dans sa lecture du nouveau système de consigne élargie, plus il y aura de contenants consignés retournés et recyclés, moins les coûts de transport et manutention seront élevés pour les entreprises.   

Les frais de recyclage sont «temporaires», estime le premier ministre.   

«Pendant un certain temps, il peut y avoir un petit coût pour les entreprises, parce qu’elles vont être obligées de payer pour le recyclage, mais plus le recyclage va bien se faire, le carton avec le carton, le verre avec le verre, moins il y aura de coûts et, éventuellement, il y aura même des profits [avec le système de consigne élargie]», a-t-il insisté mardi en mêlée de presse au parlement, avant de se rendre à la période de questions.    

Rappelons toutefois que la CAQ veut faire grimper le taux de recyclage des contenants visés à 75% d’ici cinq ans, pour atteindre 90% en 2030. Plus il y aura de bouteilles et de pintes de lait rapportées au centre de dépôt, moins il y aura d’argent des consignes non retournées dans les coffres de l’organisme chargé de gérer le nouveau système.   

Coûts minimes  

Pour sa part, le député péquiste Sylvain Gaudreault est d’avis que la population est disposée à en faire davantage pour l’environnement.    

L’élu de Jonquière voit d’un bon œil l’application d’écofrais sur les produits consignés. «Je pense que c’est vers ça qu’on doit aller, a-t-il dit à l’Assemblée nationale. C’est quand même des coûts qui sont minimes, je pense que ça peut être quelque chose d’intéressant.»   

Campagne de peur  

Selon la solidaire Ruba Ghazal, cette menace des entreprises, de hausser le prix des produits qui seront consignés, s’apparente à une «campagne de peur» pour faire fléchir le gouvernement.   

Elle souligne que l’industrie a chaudement lutté contre l’élargissement de la consigne et a perdu son pari. «Il ne faut pas que le gouvernement plie à ce discours de peur», prévient la députée de Mercier.    

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