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En retard à l’ONU

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Le Canada est de retour, disait Justin Trudeau en 2015. En 2020, on constate qu’il est en retard.

Il n’y échappe pas. Sa campagne de charme en Afrique en vue de la course au Conseil de sécurité de l’ONU illustre les lacunes de son premier mandat sur la scène internationale.

Justin Trudeau avait brandi un siège au Conseil de sécurité comme l’éventuel couronnement de son réengagement sur la scène internationale. Or à 4 mois du vote fatidique, la candidature canadienne a du plomb dans l’aile face à ses deux adversaires, l’Irlande et la Norvège.

Trop peu trop tard ?

Car le gouvernement Trudeau a peut-être sauvé les meubles face à l’administration Trump, mais sur les autres fronts, particulièrement en Afrique, le bilan est moins reluisant.

Après avoir promis un retour soutenu au sein des missions de paix, le Canada s’est plutôt retranché dans une mission ultra-étroite au Mali, question de minimiser les risques politiques ici au pays. Plutôt que d’être bonifiée, l’aide internationale au développement est proportionnellement à son plus bas depuis les années 70. Et alors que certains pays ont investi massivement dans l’économie et les infrastructures en Afrique, le Canada est en mode rattrapage.

Disons que c’est timide comme « retour » du Canada.

D’ailleurs, pourquoi au juste, le premier ministre Trudeau désire-t-il revoir le Canada au Conseil de sécurité ? Parce que c’est là que les grands enjeux du monde sont discutés, a-t-il expliqué en Éthiopie. Quelles seront ses priorités ? Continuer de faire avancer la Charte sur les plastiques dans les océans et l’égalité des femmes et des filles.

Espérons qu’il sait se montrer plus convaincant dans ses rencontres privées avec les leaders africains. Car, encore une fois, il donne l’impression de surfer sur son image de leader progressiste dans un monde populiste. Au Conseil de sécurité, les enjeux sont trop importants, ça ne suffit pas.