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Hausse des ventes de défibrillateurs pour des usages à la maison

Ces appareils sont plus nombreux en milieu familial et on observe une hausse dans les cours de réanimation

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Les ventes de défibrillateurs cardiaques ont considérablement augmenté ces dernières années, dont plusieurs sont destinés à des usages à la maison.  

« On a triplé le nombre d’appareils vendus depuis 2012 », estime le président de Dallaire Médical, Mathieu Dallaire, qui se spécialise dans la vente de ce genre d’appareil.     

« On en vend de plus en plus, dont plusieurs se retrouvent dans les maisons », abonde dans le même sens Denis St-Pierre, président de Formation Prévention Secours, qui vend des défibrillateurs et offre des cours de réanimation cardiorespiratoire (RCR).    

C’est le cas de Guillaume Thibault et Sandie Giroux qui viennent de faire une campagne de sociofinancement afin de se procurer cet appareil pour leur fils Jackson qui souffre d’une maladie cardiaque.    

Sandie Giroux, Guillaume Thibault et Jackson au CHUL de Québec le 13 janvier, quatre jours après l’opération à cœur ouvert de l’enfant.
Photo courtoisie
Sandie Giroux, Guillaume Thibault et Jackson au CHUL de Québec le 13 janvier, quatre jours après l’opération à cœur ouvert de l’enfant.

Les deux hommes d’affaires estiment que la population est plus sensibilisée que jamais aux problèmes cardiaques grâce à la couverture médiatique sur les maladies du cœur.    

« Dès qu’une personne connue fait un arrêt cardiaque, on en parle dans les médias et ça aide les gens à être plus conscients », croit M. Dallaire.   

Formation plus populaire  

Il y a aussi les inscriptions aux cours de RCR en milieu de travail qui ont également connu une forte hausse.    

« Ce n’est pas rare de voir trois ou quatre personnes dans un groupe qui suivent cette formation [pour elle-même], alors qu’il y a quelques années, ce n’était qu’une seule », constate le directeur de Secourisme RCR Québec, Jasmin Bergeron. Des cardiologues interrogés par Le Journal comprennent les inquiétudes de parents comme les Thibault-Giroux, mais ne croient pas que tous les foyers du Québec devraient se munir d’un défibrillateur cardiaque.    

« Ça coûte très cher, environ 1500 $, et les chances qu’une personne fasse un arrêt cardiaque sont très faibles », tranche le chef du Département de médecine et de cardiologie de l’Institut de cardiologie de Montréal, Peter Guerra.    

« Avant d’acheter cet appareil, il serait important de savoir comment réanimer quelqu’un », dit-il sans détour.    

Le président de l’Association des cardiologues du Québec, Arsène Basmadjian, est du même avis.     

« Il y a d’autres mesures qui sont plus importantes comme suivre une formation de RCR. Dans une société idéale, tout le monde devrait suivre ce cours », dit-il.    

« Je ne vois pas ça souvent une famille qui se dote d’un défibrillateur cardiaque, mais je le vois chez certains de mes collègues », indique quant à lui le cardiologue Paul Poirier.    

Les trois cardiologues rappellent que le véritable problème est le manque de défibrillateurs cardiaques dans les endroits publics.    

« Il en faut beaucoup plus », conclut le Dr Poirier.    

Un appareil qui se fait rassurant  

Un couple de Lévis, dont l’enfant de six mois a des problèmes au cœur, a fait des pieds et des mains pour amasser les fonds nécessaires à l’achat d’un coûteux défibrillateur cardiaque indispensable à leur paix d’esprit.    

« Ça m’enlève un stress énorme d’avoir cette machine à la maison », soupire Guillaume Thibault, dont le fils Jackson avait quatre anomalies cardiaques à la naissance.    

En janvier, la famille avait lancé une campagne de sociofinancement, dont l’objectif était de 5000 $, afin de se munir d’un défibrillateur cardiaque, mais également de payer les coûts pour la formation de l’appareil à certains membres de la famille qui côtoient l’enfant régulièrement.    

Les parents de Jackson recevront l’appareil d’ici quelques jours. « Ce sera un soulagement et ça va nous rassurer d’avoir le défibrillateur », allègue le père.    

Le 9 janvier dernier, le bambin a été opéré à cœur ouvert afin de corriger des anomalies dont il souffrait depuis sa naissance.    

« Pire journée de ma vie »  

« Ç’a été la pire journée de ma vie », évoque la mère, Sandie Giroux, à propos de l’opération qui a duré près de sept heures.    

« On se demandait si une personne avec une blouse blanche allait venir nous annoncer qu’ils l’avaient perdu... », confie le père, ému.    

L’enfant se porte mieux aujourd’hui, mais les chances qu’il soit frappé d’arythmie cardiaque sont légèrement plus élevées que la moyenne des gens.    

« Son cœur n’est pas à 100 % et il devrait se faire opérer dans les prochaines années pour changer quelques valves du cœur », précise M. Thibault.    

Tout semblait normal  

Pendant que le petit Jackson était dans le ventre de sa mère, tout était normal et il ne présentait aucune anomalie cardiaque.    

Mais à sa naissance, tout s’est écroulé. « Quelques minutes après qu’il soit né, le médecin a déposé son stéthoscope sur lui et il a remarqué que notre fils avec un bon souffle au cœur. Pour rapporter ses paroles, il a dit qu’il sonnait comme un lave-vaisselle », raconte le père.    

« J’en avais les larmes aux yeux, car la dernière chose que tu veux entendre, c’est que ton bébé soit malade », ajoute la mère.    

Un investissement considérable  

Photo courtoisie

Le prix d’un défibrillateur cardiaque peut varier de 1500 $ à 2500 $. Cette variation s’explique par la qualité du produit. Certains sont munis d’un écran qui montre les gestes à faire lors de l’utilisation de l’appareil tandis que d’autres n’auront que l’audio. La qualité des électrodes peut également faire varier le coût de l’appareil ainsi que des accessoires tels que le sac de transport.