/sports/football
Navigation

Laurent Duvernay-Tardif et l’Université McGill: une histoire d’amour

Laurent Duvernay-Tardif était de retour à l'Université McGill, mercredi.
Photo Agence QMI, Dominick Gravel Laurent Duvernay-Tardif était de retour à l'Université McGill, mercredi.

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL | Accueilli en roi au centre sportif de l’Université McGill, mercredi après-midi, pour le dévoilement d’une bannière en son honneur, Laurent Duvernay-Tardif était visiblement heureux de remettre les pieds là où tout a commencé pour lui en 2014.  

«Ç’a été une aventure formidable. Pas seulement depuis deux semaines, mais ces six dernières années, a lancé le joueur de ligne offensive québécois, qui a témoigné toute sa gratitude envers son alma mater. À l’évidence, l’Université McGill occupe une grande place dans son cœur et a joué un rôle primordial dans sa conquête du Super Bowl avec les Chiefs de Kansas City.  

Laurent Duvernay-Tardif était de retour à l'Université McGill, mercredi.
Photo Agence QMI, Dominick Gravel

«J’étais un étudiant de troisième année en médecine et j’avais ce rêve un peu fou d’essayer d’atteindre la NFL, s’est souvenu l’athlète de 29 ans. On sait tous que ce n’est pas le genre de rêve qui se réalise tout seul. Ça prend une équipe».  

Avec son agent Sasha Ghavami, Duvernay-Tardif a rencontré le doyen associé à la faculté de médecine en 2014 pour lui expliquer comment il comptait atteindre son objectif d’être repêché dans la NFL.  

«Je me souviens à quel point McGill m’a accommodé. Ils ont compris mon rêve de combiner mes deux passions au plus haut niveau et de montrer que c’était possible d’être un étudiant-athlète; pas seulement à l’université, mais dans la plus grosse ligue au monde.»  

«Ensemble, on a bâti un horaire qui me permettrait de graduer en 2018, qui était la date limite pour moi pour obtenir mon diplôme en médecine. Cet horaire-là m’a suivi pendant les quatre années suivantes, a raconté Duvernay-Tardif, qui a été repêché au sixième tour, 200e au total, par les Chiefs en 2014. Entre Kansas City, où j’étais joueur de football à temps plein, et McGill, où j’étais étudiant en médecine à temps plein, j’ai été capable de compléter mon cursus scolaire.»  

Laurent Duvernay-Tardif était de retour à l'Université McGill, mercredi.
Photo Agence QMI, Dominick Gravel

Dans sa formidable épopée, il y a certainement eu des difficultés. Cependant, le Québécois était déterminé à réaliser son double-rêve.  

«Je m’étais promis que j’allais terminer ce projet-là. Les distractions n’ont pas manqué. On sait c’est quoi jouer dans la NFL: les contrats, la célébrité... D’avoir des gens qui ont cru en mon projet à McGill et qui m’ont soutenu tout au long du chemin, c’est un soutien extraordinaire.»  

Un compétiteur hors pair  

L’entraîneur-chef de l’équipe de football de l’Université McGill, Ronald Hilaire, n’hésite pas à évoquer l’exemple de Duvernay-Tardif pour motiver sa troupe. Il se souvient d’ailleurs très bien de son passage chez les Redmen. À cette époque, le Québécois était joueur de ligne défensive et Hilaire était coordonnateur défensif chez les Carabins de l’Université de Montréal.  

Laurent Duvernay-Tardif était de retour à l'Université McGill, mercredi.
Photo Agence QMI, Dominick Gravel

«C’était un compétiteur hors pair. C’est quelqu’un qui ne voulait pas perdre une seule bataille pendant le match. À chaque jeu, il fallait être prêt à donner son 110% pour avoir la chance d’atteindre le quart-arrière. C’était un joueur extrêmement intelligent qui pouvait reconnaître tous les fronts devant lui et faire les ajustements nécessaires. C’était un cauchemar de l’affronter!», a rigolé Hilaire.  

«Il a progressé de façon fulgurante. Il avait une passion, une détermination, et il cherchait l’excellence tout le temps. Ça l’a aidé à prendre 75 lb pour jouer la position [de joueur de ligne offensive], à étudier chaque jour, à regarder des films, à aller à la salle de musculation pour pouvoir devenir le meilleur joueur possible. Je ne m’étonne pas du tout de son progrès et qu’il soit maintenant champion.»