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«Sous un même ciel»: le Cirque du Soleil en pleine évolution

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MONTRÉAL | L’évolution sera au cœur du nouveau spectacle sous chapiteau du Cirque du Soleil, Sous un même ciel. Tant dans l’histoire qui y sera racontée que dans son traitement, qui démontrera une maturité nouvelle pour la compagnie québécoise, a-t-on laissé entendre en rencontre de presse, mercredi.

Pour construire cette nouvelle œuvre, qui sera présentée au Vieux-Port de Montréal à compter du 23 avril, le Cirque du Soleil a fait appel à une grande des arts de la scène, à qui il faisait de l’œil depuis longtemps: l’artiste visuelle londonienne Es Devlin, qui est auteure, metteure en scène et scénographe de Sous un même ciel.

Expositions en solo de sculptures, théâtre, opéra expérimental, cérémonies olympiques à Londres et à Rio, collaborations avec le MET Opera, la Scala de Milan, Beyoncé, U2, Adele, The Weeknd, Kanye West, le physicien théoricien Carlo Rovelli et l’acteur Benedict Cumberbatch: la prolifique dame amène à Montréal un riche bagage créatif, différent de ce qui a fait la marque du Cirque jusqu’ici.

Son héritage se transmettra notamment dans des messages d’écologie et de responsabilité, inhérents au fil conducteur de Sous un même ciel.

«C’est notre monde réel, décrit Chantal Tremblay, directrice de création, qui supervise sa sixième production à ce titre au Cirque du Soleil. Habituellement, on va davantage vers un côté fantastique. Cette fois se posent des questions comme: qui est-on? D’où vient-on? Où s’en va-t-on? Où est-on rendus? Tout ça, en ayant l’espoir du futur, avec la vision de la nouvelle génération.»

Dominick Gravel/Agence QMI

«On est aussi des animaux à l’intérieur, poursuit Chantal Tremblay. On mettra en relief ce côté animal, la progression entre les animaux, l’humain et la machine, et l’évolution de notre monde à travers le temps.»

Protagonistes

Comme c’est souvent le cas dans les univers du Cirque du Soleil, on suivra des protagonistes dans Sous un même ciel. L’un d’eux portera l’évocateur prénom de Futur et traînera son chien, personnifié par un acrobate. Plusieurs personnes incarneront d’ailleurs des bêtes, avec toute la gestuelle que cela implique, couverts de masques d’éléphant, de lion, d’aigle, de cheval, de loup, de chèvre, d’antilope, de lynx, etc. D’autres personnages arboreront des têtes aux dimensions géométriques, au tracé carré, par exemple.

Dominick Gravel/Agence QMI

Le cube, élément prédominant au cœur de l’œuvre d'Es Devlin, sera une figure prédominante dans la trame de Sous un même ciel. Déjà, dans les locaux de répétitions du siège social du Cirque du Soleil, à Montréal, trône une immense boîte carrée, vide pour l’instant. L’accessoire se transformera au gré du récit, se remplira partiellement ou complètement, deviendra support de projections. La forme cubique devrait être régulièrement représentée dans les divers tableaux. Puis, au niveau des couleurs, on ne sera pas dans l’amalgame de teintes, mais plutôt dans l’affirmation franche des colorations choisies.

Tant dans les costumes (qui suggéreront des vêtements de rue) que la musique et les décors, on sentira que le Cirque grandit à travers «Sous un même ciel», jure Chantal Tremblay.

Jamais vu

Aux dires de ses artisans, Sous un même ciel repoussera les frontières déjà connues du Cirque du Soleil. Au chapitre des prouesses physiques, par exemple, les 41 acrobates (qui seront accompagnés sur scène de sept musiciens et chanteurs, impliqués dans l’histoire) nous en jetterons plein la vue, promet-on. Daniel Cola, concepteur des performances acrobatiques, n’hésite pas à parler de «nouvelle page qui se tourne» pour le Cirque du Soleil.

Dominick Gravel/Agence QMI

«Le Cirque a 35 ans, et on veut proposer des performances qui n’ont pas encore été vues sous le chapiteau, laisse miroiter celui qui collabore avec l’entreprise depuis 27 ans. C’est très important d’amener des choses nouvelles, inusitées; c’est difficile, aujourd’hui, parce qu’avec l’avènement d’internet et tout ce qu’on voit, les références sont faciles à aller chercher. Mais on arrive quand même à faire des choses qu’on n’a jamais faites.»

Daniel Cola insiste: on sera très, très impressionnés à la vue de certains des segments de Sous un même ciel. Une prestation sur fil de fer mou – comme il n’en existe apparemment que deux dans le monde, indique-t-il – devrait notamment susciter bien des exclamations.

«L’acrobatie doit quand même raconter une histoire, nuance Daniel Cola. Le Cirque voulait prendre un virage vers une direction moins flamboyante, mais plus explicite au niveau de la narration et de l’expression du mouvement.»

Sous un même ciel sera présenté au chapiteau du Vieux-Port de Montréal du 23 avril au 21 juin 2020, puis se déplacera à Boston, au Massachusetts. Les billets sont déjà en vente.