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Contrat toxique au CHU: un appel d'offres suspendu pour la 2e fois

Quebec
Photo Stevens Leblanc Le mégachantier hospitalier du CHU de Québec-Université Laval, qui est estimé à 1,97 G$, doit être complètement terminé d’ici la fin de 2025.

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Une nouvelle enquête de la police des contrats freine le déploiement d’un réseau sans fil d’une valeur de 2 M$ dans le mégachantier du Centre hospitalier universitaire de Québec, présentement en construction.  

L’appel d’offres pour acquérir des équipements de réseau sans fil pour le nouveau Centre hospitalier de l’Enfant-Jésus est sur la glace depuis plus d’un mois.   

Il est suspendu en raison d’une plainte à l’Autorité des marchés publics (AMP). Il s’agit d’une deuxième vérification de la police des contrats dans le cadre du même projet technologique.   

En juin 2019, l’AMP avait reçu un renseignement qui a mené à une première enquête. Le commissaire de l’époque, Me Denis Gallant, avait conclu que le CHU devait annuler cet appel d’offres parce qu’il ciblait un seul manufacturier pour l’acquisition d’équipements de réseau sans fil. L’appel d’offres publié spécifiait expressément que le CHU de Québec désirait acquérir des équipements de marque Cisco.   

L’Autorité avait fait valoir que la Loi sur les contrats des organismes publics exige la possibilité, pour les concurrents qualifiés, de participer aux appels d’offres des organismes publics.    

L’appel d’offres pour ce contrat évalué par le CHU entre 1 M$ et 2 M$ a été annulé.   

Le CHU avait promis de refaire ses devoirs et de se conformer à cette décision.   

Autre appel d’offres  

En décembre dernier, un nouvel appel d’offres pour ce réseau sans fil a été publié sur le site internet SEAO. Mais une plainte a été effectuée par l’une des entreprises désirant soumissionner afin de décrocher le contrat. Il a été impossible de connaître la raison de la plainte.   

Le signalement a d’abord été effectué directement au CHU. Insatisfait de la réponse, le soumissionnaire s’est tourné vers l’AMP, qui prend d’ailleurs la plainte très au sérieux.   

L’organisation a fait deux «demandes d’observation» au CHU, qui se doit de fournir une réponse ainsi que les pièces justificatives aujourd’hui.   

Ainsi, l’échéancier pour l’installation d’un réseau sans fil a totalement dévié de sa trajectoire. Les commandes initiales pour obtenir l’équipement devaient avoir lieu à partir du 18 juin 2019. Sept mois plus tard, le projet est toujours suspendu.   

«Pas une bonne nouvelle»  

«Oui, c’est suspendu, mais il est en évaluation par rapport à la plainte, admet la porte-parole du centre hospitalier, Geneviève Dupuis. Tout ça, ce n’est pas une bonne nouvelle». Elle assure toutefois que le CHU n’a toujours pas atteint le «chemin critique» dans ce dossier.   

Elle indique que l’établissement a répondu aux exigences et a fait ses devoirs.   


En 2017, le CHU de Québec avait contourné les règles gouvernementales pour faire affaire avec une firme américaine pour un contrat de numérisation de ses dossiers. L’hôpital fait d’ailleurs l’objet d’une poursuite de la part d’un autre fournisseur dans ce dossier.  

Un mégaprojet hospitalier de 1,97 G$   

Gouvernement du Québec  

1,78 G$  

CHU de Québec-Université Laval   

109,25 M$  

Fondation du CHU de Québec  

78 M$  

Le chien de garde des contrats publics      

  • Après sa création, en 2017, l’Autorité des marchés publics (AMP) a officiellement amorcé ses activités en janvier 2019.    
  • Elle a le mandat de surveiller les marchés publics et de veiller à l’application des règles entourant les contrats publics au Québec.   
  • Depuis ses débuts, l’AMP a reçu 70 plaintes. Seulement quatre de ces plaintes se sont conclues par une décision. Au total, l’organisation a émis six ordonnances et une recommandation liées à des contrats publics.