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Un gin aux retailles de chips Yum Yum

Loop
Photo courtoisie, Loop Mission David Côté et Julie Poitras-Saulnier, cofondateurs de Loop Mission, lancent un gin aux retailles de patates Yum Yum qui permettra de sauver 24 tonnes de pommes de terre par année de l’enfouissement.

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Après jus et smoothies à base de fruits et légumes rejetés par l’industrie et des bières au pain perdu, Loop Mission produit maintenant le gin Loop. Son ingrédient principal ? Les retailles de patates de chips Yum Yum.  

« Notre philosophie est de partir de la ressource première disponible et de développer un produit à partir de ça. Quand l’entreprise Yum Yum nous a parlé de l’énorme quantité de retailles de patates perdues en fabriquant leurs chips, on s’est demandé ce qu’on pouvait en faire. Et c’est là qu’on s’est souvenu qu’avec des patates, on peut faire de l’alcool ! » raconte Julie Poitras-Saulnier, cofondatrice de Loop Mission.   

Le résultat, réalisé en association avec la distillerie Mariana, de Louiseville, est un gin aromatisé à la lime et au gingembre. La quantité de retailles de pommes de terre sauvées pour le produire est estimée à 24 tonnes pour la première année.   

Jean-Philippe Roussy de la Distillerie Mariana remplit l’alambic avec les retailles de pommes de terre.
Photo courtoisie, Loop Mission
Jean-Philippe Roussy de la Distillerie Mariana remplit l’alambic avec les retailles de pommes de terre.

« Notre objectif est de redonner une valeur économique à cette matière première, donc on insiste pour l’acheter. Yum Yum devait payer pour se débarrasser de ces résidus, donc c’est un double gain pour l’entreprise », mentionne Mme Poitras-Saulnier.   

Un processus coûteux  

Si l’alcool de pommes de terre est perçu historiquement comme un alcool de pauvre, ce n’est pas parce qu’il est peu coûteux à faire. Au contraire, explique Jean-Philippe Roussy, de la distillerie Mariana.   

« En fait, la patate est pleine d’eau, alors il en faut une grande quantité et ça nécessite beaucoup de manipulation pour le peu d’alcool qu’on peut en faire. Ce n’est pas un choix économique ! C’est plutôt qu’on fait avec ce qu’on a. »   

Selon le maître-distillateur, l’alcool à 80 % obtenu après la première distillation conserve un petit arôme terreux, plus aromatique qu’un alcool fait à base de maïs, par exemple.   

« Il a aussi une texture plus moelleuse, ça donne un gin très doux, facile d’approche. Il a fallu agencer le profil de saveur de cet alcool-là avec les aromates, un petit défi, mais on est vraiment content du résultat. »   

ingrédients rescapés  

Le gin Loop est ainsi parfumé de baies de genévrier, de lime et de gingembre, explique Julie Poitras-Saulnier. « On a utilisé du vrai jus de lime et de gingembre imparfait et écarté par l’industrie. Des hydrolats, qui sont des sous-produits de l’industrie des huiles essentielles, ont également été ajoutés. » Loop Mission n’a pas fini d’effectuer le sauvetage de résidus alimentaires pour leur donner une seconde vie. D’ici quelques semaines, un savon à base d’huile de restauration rapide récupérée rejoindra leur gamme de produits.