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«Ç’a tombé sur moi» -Alexandre Bilodeau

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Il y a 10 ans, Alexandre Bilodeau marquait l’histoire aux Jeux de Vancouver. Le skieur acrobatique devenait, le 14 février 2010, le premier athlète du Canada à remporter une médaille d’or olympique en sol canadien. 

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«Pour moi, c’est plus une question d’occasion, tranche toutefois Bilodeau, qui n’accorde pas trop d’importance à cette réalisation. Ma médaille d’or aurait eu autant de valeur si j’avais, par exemple, pris part à ma compétition lors de la sixième journée. J’aurais pu être le 14e comme j’aurais pu être le premier. Plusieurs personnes disent que j’ai parti le bal, mais il en faut un, et ç’a tombé sur moi.» 

Aucun athlète canadien n’avait pu monter sur la première marche du podium aux Jeux olympiques de Montréal (1976) ni à ceux de Calgary (1988). Or, les athlètes canadiens ont remporté 14 médailles d’or à Vancouver. 

«Ç’aurait pu être Jennifer (Heil), a par ailleurs rappelé Bilodeau. Elle avait fait une excellente descente qui méritait une médaille d’or (lors de la finale chez les femmes), mais l’Américaine Hannah Kearney avait skié au-dessus de sa tête et Jennifer avait obtenu l’argent. C’est ça, le sport!» 

Gagner au Canada 

S’il diminue l’importance d’avoir été le premier Canadien en or à Vancouver, Bilodeau ne savoure pas moins le privilège d’avoir gagné une compétition olympique devant ses partisans du Canada. 

«Le timing était parfait, a-t-il dit. J’étais dans la fleur de l’âge (22 ans), aux Jeux olympiques, dans mon pays. Je n’aurais pas pu écrire un tel scénario, ni rêvé à ça étant plus jeune. Tu rêves aux Jeux olympiques et peut-être à une médaille, mais là, de le faire devant les siens, au Canada, c’était inimaginable. Pendant deux semaines, j’ai vraiment flotté sur un nuage.» 

«Les deux jours ayant suivi la compétition, je n’ai pas dormi tellement j’avais des entrevues, a-t-il raconté. Mais après ça, on a eu le temps de partager des bons moments avec la famille, mes amis et mes coéquipiers.» 

Fêter sur un gros yacht 

Aussitôt, Bilodeau rappelle les bons résultats obtenus à l’épreuve des bosses par Vincent Marquis (4e), Pierre-Alexandre Rousseau (5e) et Maxime Gingras (11e) à Vancouver. Puis, il se souvient de cette fête visant à célébrer sa médaille d’or de façon grandiose «sur un yacht de 175 pieds». 

«Deux jours après ma médaille d’or, il y a un richissime homme de l’Ouest canadien qui nous a prêté son gros yacht pour célébrer, a précisé l’athlète, en riant. On avait le bateau à nous, avec des amis et la famille. On va garder l’identité de cet homme anonyme, mais c’était le plus gros bateau du port de Vancouver et de loin. On avait fait un grand tour sur l’eau. Il y a eu ce moment où nous étions dans un spa, au troisième plancher du yacht, quand nous avons passé sous le pont Lions Gate.» 

Double champion olympique et comptable 

Quatre ans plus tard, Bilodeau remettait ça avec une autre médaille d’or aux Jeux olympiques de Sotchi. Il en garde évidemment de précieux souvenirs, mais Vancouver avait, somme toute, quelque chose de particulier. 

«Le terme de double médaillé olympique définit une portion de mon histoire, mais ça ne définit pas la personne que je suis, conclut sagement Bilodeau. Je ne me fie pas sur ce que j’ai fait dans le sport pour m’apporter d’autre chose dans la vie. Je suis tout aussi fier de mon titre professionnel de comptable présentement et de mon travail dans le domaine de l’investissement que de mes médailles d’or.»