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Cette course au Parti québécois sera fascinante...

La conjoncture politique au Québec est favorable pour qu’une autre voix prenne plus de place à côté du discours caquiste.

Cette course au Parti québécois sera fascinante...
ANNIE T ROUSSEL/JOURNAL DE QUÉBEC/AGENCE QMI

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Ils sont quatre à présent. Bastien, Gaudreault, Nantel et PSPP.   

  

Cette course au Parti québécois sera fascinante...
Simon Clark/Agence QMI

Des chefferies ennuyantes  

Y’a pas à dire, c’est la nouvelle du jour; pas juste dans la sphère politique, mais dans les bulletins de fin de soirée. L’humoriste Guy Nantel au Parti québécois. Dans les nouvelles d’importance de la journée.    

Pourtant, il y a d’autres courses en politique présentement: le Parti conservateur, le parti de l’alternance du pouvoir à Ottawa, qui se cherche un chef; et le Parti libéral du Québec aussi.    

Mais ces courses-là ne lèvent pas.    

Au Québec, si Jean Charest s’était lancé, on peut imaginer que l’attention aurait été plus grande pour la chefferie du Parti conservateur. Mais Peter MacKay, Erin O’Toole et John Baird ne soulèveront pas les passions.    

Au PLQ, c’est encore pire. Le couronnement de l’ex-caquiste Dominique Anglade semble inévitable. Rien, pour l’instant, qui puisse faire monter la pression. À 10% dans l’électorat francophone, le Parti libéral du Québec attire moins. On ne se bouscule pas aux portillons pour diriger le parti. Ça manque de Gaétan Barrette, cette course-là!   

  

Cette course au Parti québécois sera fascinante...
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Exactement ce dont le PQ avait besoin  

Heureusement, il y a la course à la chefferie du Parti québécois. Celle-ci promet d’être passionnante, fascinante. Par le spectre des candidats qui ont confirmé leur présence sur la ligne de départ, cette course intéressera les mordus de la politique, mais aussi bien au-delà.    

C’est l’avantage d’avoir dans ses rangs un Guy Nantel... Plusieurs curieux seront attentifs à sa campagne, bien au-delà des seuls cercles péquistes. Certains diront qu’il n’est pas à sa place, qu’un «humoriste» n’aidera en rien la politique. Pour avoir eu la chance de discuter avec Guy Nantel de ses aspirations politiques, je suis d’avis que ce citoyen (l'humoriste prend une pause) surprendra par sa réflexion politique, plus élaborée que ses détracteurs ne le croient.   

Frédéric Bastien a réussi à se faire un nom en bien peu de temps. Sa «guérilla» judiciaire dans le dossier de la contestation de la loi 21 l’aura révélé à bien des militants et sympathisants du PQ et des nationalistes en général.   

Paul St-Pierre Plamondon avait déjà fait une fort bonne campagne lors de la dernière chefferie. L’ancien «orphelin politique» a acquis du bagou et de l’expérience, quand on ajoute sa campagne comme candidat péquiste dans Prévost. Communicateur habile, fin renard par sa présentation de campagne et sa manière de manier les réseaux sociaux, il est populaire parmi les plus jeunes et la périphérie indépendantiste plus réfractaire au PQ en général.    

Quant à Sylvain Gaudreault, voilà un fier soldat péquiste qui jouit d’un respect au sein de l’actuelle députation du parti, mais bien au-delà aussi, chez ses adversaires. Sa prise de position, courageuse, dans un dossier polarisant de sa région – GNL Québec; il est contre, en dépit des promesses de tonne de fric à faire et des emplois potentiels, au prix de tonnes d’émission de CO2 – montre qu’il n’a pas froid aux yeux.    

  

Cette course au Parti québécois sera fascinante...
Le Journal de Québec

Une chefferie est un tremplin politique...  

Tous les stratèges vous le diront, une course à la chefferie est un moment capital dans la vie d’un parti politique. Sans que cela ne vire à la guerre ouverte, on profitera de débats engagés, de discussions animées, de l’attention médiatique et populaire qu’une telle course attire quand elle «lève»!    

C’est le moment de faire le plein de nouveaux membres aussi. Il se vendra des cartes de membres, des sympathisants s’inscriront pour pouvoir se prévaloir de leur droit de vote.    

Et dans le cas présent, les quatre candidats ont le potentiel d’attirer des membres et sympathisants en dehors des cercles péquistes conventionnels. Et c’est la meilleure chose qui puisse arriver au Parti québécois.    

La conjoncture politique au Québec, en ce moment, est favorable pour qu’une autre voix prenne plus de place à côté du discours caquiste. L’élan de l’imparfaite loi 21 a permis à François Legault de surfer un bon bout de temps, mais cette vague s’essoufflera.    

Un peu de couleur dans ce paysage politique assez gris merci fera le plus grand bien. Comme bien d’autres, j’ai bien hâte de voir ces quatre candidats débattre, échanger, discuter...   

Un écueil toutefois important; souhaitons que cette course ne devienne par un concours de «qui tiendra le référendum le plus vite» ou du plus pressé de la gang...    

Les fédéralistes ne se déchirent pas sur la date à laquelle ils souhaitent que le Québec intègre la constitution du Canada une fois pour toutes. Ils y travaillent, méthodiquement, tout le temps.    

À nous, indépendantistes, de travailler, sans complexes, par tous les moyens à notre disposition, comme le font nos adversaires, à faire du Québec un pays. La date, elle s’imposera par force de convictions.    

Pour l’heure, que chaque candidat travaille à convaincre qu’il est digne de mener la prochaine manche de cette marche, longue, vers l’émancipation nationale.