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Front commun des maires contre la loi 40

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin
Photo d'archives, Joel Lemay Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

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MONTRÉAL | La loi 40 sur la réforme scolaire vient de frapper un mur: les maires des 10 plus grandes villes du Québec ont décidé, jeudi, de faire front commun. 

Réunis en après-midi dans un hôtel du centre-ville de Montréal, ils ont fait connaître leur position et elle est ferme face au gouvernement. Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les maires indiquent que les terrains des villes destinés à l’agrandissement ou à la construction de nouvelles écoles ne seront pas cédés tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas une garantie de compensation aux municipalités. 

Des terrains intéressants pour de futures écoles, les maires et les mairesses affirment que les villes en possèdent peu ou pratiquement pas. 

«Dans l’immense majorité des villes, on n’en a plus de terrains», a dit le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, en point de presse. 

La crainte des maires, c’est de devoir transiger avec des promoteurs privés qui ne leur feront certainement pas de cadeau. La facture, disent-ils, pourrait se chiffrer à des dizaines, voire à des centaines de millions de dollars pour des villes comme Montréal, Longueuil ou Laval, où les terrains sont de plus en plus coûteux. 

«Moi, je vais devoir demander aux contribuables montréalais de payer ce terrain-là, que je vais donner ensuite au gouvernement pour construire une école. C’est là que ça ne tient pas la route», a dit la mairesse de Montréal, Valérie Plante. 

«On va, là, monter les prix, monter les enchères, on vient de créer une inflation sur ces terrains-là spécifiquement», a indiqué, pour sa part, la présidente intérimaire de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, qui est aussi mairesse de Sainte-Julie, en Montérégie. 

«Ça, pour nous, c’est un transfert de taxation du provincial à nos contribuables», a ajouté la maire Pedneauld-Jobin. Il a ajouté en soirée, sur le plateau de LCN: «Faites comme tous les ministères, payez votre terrain et ça va bien aller». 

Selon les maires, il n'est pas question d’utiliser les revenus des villes pour financer les grandes missions de l’État. 

«Le gouvernement doit reculer sur cette condition ou il doit y avoir un remboursement parce que ça ne peut pas seulement incomber aux contribuables de Montréal ou d’autres grandes villes pour un terrain qui coûte de plus en plus étant donné la flambée des prix», a indiqué la mairesse Plante, en qualifiant l’approche du gouvernement caquiste de «déloyale». 

Réaction du cabinet du ministre Roberge 

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a réagi à la suite de la sortie des maires. «Ça fait 25 ans qu’il est attendu des municipalités qu’elles cèdent des terrains pour des écoles. La loi 40 vient renforcer la collaboration entre les municipalités et les centres de services afin que nos enfants puissent bénéficier de nouvelles écoles plus rapidement», a-t-il dit. 

«Comme l’a expliqué le premier ministre, chaque fois qu’une nouvelle école est construite, c’est parce que la population a augmenté dans la municipalité en question, il y a donc une hausse des recettes issues des taxes municipales», a-t-il ajouté. 

– Avec Yves Poirier, TVA Nouvelles 

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