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La recette de maman Bergeron dans le succès de Patrice

Patrice Bergeron a pu compter sur le soutien de ses parents pour atteindre la LNH

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Photo courtoisie Sylvie Bergeron, mère de Patrice Bergeron, s'est associée avec Hyundai Canada pour raconter ses expériences reliées au parcours d'un hockeyeur jusqu'à la LNH.

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Si Patrice Bergeron est aujourd’hui le meilleur joueur québécois de sa génération dans la Ligue nationale de hockey, ses parents ont eu leur mot à dire dans son développement avec une recette qui leur est propre.  

Habituellement discrète quant aux succès que l’attaquant originaire de L’Ancienne-Lorette connait depuis le début de sa carrière avec les Bruins de Boston, sa mère Sylvie Bergeron s’est ouverte en marge de la tournée Hockey d’ici de Rogers qui s’arrêtera au Tournoi international pee-wee de Québec les 15 et 16 février à la place Jean-Béliveau. Elle est attendue ce dimanche. 

Le désir d’atteindre la LNH de fiston s’est manifesté à un jeune âge chez les Bergeron-Cleary, mais pour maman, il n’était pas question de changer son approche envers le sport dont il était tombé amoureux. À la base, Gérard Cleary et Sylvie Bergeron n’avaient pas de liens spécifiques avec le hockey. 

«Je voyais qu’il y avait beaucoup de talent, mais une des choses que je n’ai jamais voulu faire, ce sont des comparaisons. Je voulais qu’il soit lui-même sur la glace, qu’il joue à sa façon en transmettant les valeurs d’efforts, de respect de soi, qu’il crée des relations et qu’il prenne sa place. 

«Son rêve de jouer dans la LNH, il n’était pas question que je l’étouffe avec ça, ça lui appartenait, mais je n’avais pas le goût de mettre l’emphase là-dessus. Il faut toujours se rappeler que ce sont des enfants au départ sur la patinoire et je voulais lui donner des outils qui allaient l’aider plus tard dans la vie», explique Mme. Bergeron dans une longue entrevue avec Le Journal

Patrice Bergeron a manifesté son désir de jouer dans la LNH à un jeune âge à ses parents.
Photo d’archives, AFP
Patrice Bergeron a manifesté son désir de jouer dans la LNH à un jeune âge à ses parents.

En quête de l’excellence 

À partir du moment où Patrice a décroché sa place avec le Blizzard du Séminaire Saint-François au niveau midget AAA à l’âge de 16 ans en 2001, son ascension est passée à la vitesse supérieure. Deux ans plus tard, à 18 ans et après une seule saison avec le Titan d’Acadie-Bathurst dans la LHJMQ , il faisait le saut au sein du meilleur circuit au monde où il dispute présentement sa 16e saison.  

À Bathurst, lors du camp d’entraînement, ses parents avaient décidé de l’accompagner pour le soutenir dans ses premiers pas à l’extérieur du nid familial. Ils ont fait la même chose l’année suivante à Boston à un degré différent. 

«On a vécu les étapes au fur et à mesure ensemble, et quand il est parti à 17 ans, je savais qu’il était prêt. Ça restait un jeune, mais j’avais confiance en les bases de mon fils. Je n’avais pas de cellulaire et je m’en suis acheté un pour être joignable 24 heures sur 24! 

«Dans la LNH, on n’a pas le contrôle, mais qu’il soit à Boston, pas trop loin de la maison, c’était un grand cadeau pour une mère. On avait demandé la permission à l’organisation d’être sur place [...] Ça a été la clé d’être présent sans être envahissant, mais on était à l’écoute de ses besoins. Pour nous, l’important était avant tout son développement comme personne et non comme hockeyeur», expose sa mère, qui se rappelle du but en prolongation de l’actuel numéro 37 à son dernier match préparatoire au Centre Bell, à Montréal.  

Un processus d’apprentissage 

Mme Bergeron s’est d’ailleurs documentée sur les facettes de la vie d’un hockeyeur tout au long de sa carrière. Elle ne voulait rien laisser au hasard. 

«J’ai lu beaucoup sur la performance et sur l’excellence. Ça m’a amené à me dépasser et j’ai grandi comme parent [...] Quand il a été repêché junior [5e ronde, 2001], j’ai été voir des parents qui avaient été dans le processus et il y a deux couples qui m’ont servi de mentors. Ils ont eu un impact sur moi bien qu’ils n’en soient pas conscients. Leur expérience m’a servi à aller plus loin comme mère.» Une Coupe Stanley, deux médailles d’or olympique, quatre trophées Selke et trois enfants plus tard avec son épouse, l’influence de maman a plutôt bien fonctionné. 

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AFP

Commotion cérébrale en 2007: Le «moment le plus difficile»  

Sylvie Bergeron n’oubliera jamais le match du 27 octobre 2007. Présente à Boston pour l’affrontement contre les Flyers de Philadelphie, celle-ci a vécu «l’un des moments les plus difficiles de ma vie, sinon le plus difficile» quand son fils a quitté la patinoire en civière après avoir encaissé une vicieuse mise en échec de Randy Jones.  

Si elle n’a pas voulu s’étendre sur le délicat sujet, cet épisode de la carrière de Patrice témoigne de sa force et de sa persévérance. L’athlète de 34 ans avait raté la totalité de la suite de sa quatrième saison dans la LNH en raison d’une commotion cérébrale, mais il était de retour sur patins dès l’année suivante alors qu’on craignait le pire au départ.  

Sa mère avait été au chevet de fiston pendant la longue convalescence.  

«Il avait besoin de support et je devais l’accompagner dans mon rôle de mère comme toute mère qui aime son enfant», a-t-elle laissé tomber.  

Moment d’extase  

En juin 2011, maman était aussi sur place, mais cette fois, le dénouement était beaucoup plus joyeux. Patrice Bergeron soulevait la coupe Stanley à l’issue du septième match de la finale entre les Bruins et les Canucks, à Vancouver.  

«Je me souviens quand il m’a pris dans ses bras sur la patinoire. Il y a même des images où il me fait tourner dans ses bras. Ça a été un moment très intense. Je ne sais pas si c’était la coupe Stanley ou ses yeux, mais son regard et sa réaction, c’était le plus grand cadeau. J’ai compris pourquoi je l’accompagnais sur ce chemin et j’ai réalisé à quel point ça avait eu une importance pour lui.»