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Le dernier maire de Charlesbourg, Ralph Mercier, est décédé

Ralph Mercier
Photo d'archives Ralph Mercier, en 2012, devant la maison Pierre-Lefebvre, qui abrite la Galerie d’art du Trait-Carré.

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Ralph Mercier, grande figure de la politique municipale durant 25 ans, est décédé ce matin à l’Hôtel Dieu de Québec le jour de son 83e anniversaire.   

M. Mercier a rendu l’âme à 5h30, jeudi matin, des suites d’un cancer de la prostate.  

«Il a été diagnostiqué il y a deux ans et demi. Il faisait partie d’un projet pilote et était suivi de façon assidue. Sa situation s’était détériorée il y a quelques mois. Il était toujours à la maison jusqu’à il y a deux semaines. Il s’est battu vaillamment, les deux dernières semaines ont été pénibles», a précisé son fils Éric.  

Élu maire de Charlesbourg en 1984, il a occupé cette fonction jusqu’à la fusion avec la Ville de Québec en 2001. Il s’est ensuite fait réélire pour deux mandats à titre de conseiller municipal de l’arrondissement de Charlesbourg.  

Margaret Delisle, mairesse de Sillery, Jean-Paul L'Allier, maire de Québec, et Ralph Mercier, maire de Charlesbourg, en janvier 1990.
Photo d'ARCHIVES
Margaret Delisle, mairesse de Sillery, Jean-Paul L'Allier, maire de Québec, et Ralph Mercier, maire de Charlesbourg, en janvier 1990.

Vice-président du comité exécutif de Québec de 2005 à 2007, il a aussi été président de l’Union des municipalités du Québec de 1991 à 1993 et membre du conseil d’administration de la Fédération canadienne des municipalités. Il s’est retiré de la vie politique en 2009.   

Les fusions  

«C’était un frère d’armes. Ça me faisait toujours plaisir de le rencontrer. On était des bons copains», a lancé Jacques Langlois, qui a été maire de Beauport jusqu’en 2001 et qui a ensuite fait un mandat de conseiller à la ville de Québec.  

«On a été élu la même journée en 1984. On était maires de villes voisines à peu près identiques. J’ai toujours apprécié son calme, son écoute et bénéficié de ses bons conseils. C’était un conciliateur, un supporteur dans nos idées. Ça nous a permis de faire certaines luttes ensemble.»  

Ralph Mercier en 2012 devant l’église Saint-Charles-Borromée, dans le secteur historique du Trait-Carré, à Charlesbourg.
Photo d'archives
Ralph Mercier en 2012 devant l’église Saint-Charles-Borromée, dans le secteur historique du Trait-Carré, à Charlesbourg.

M. Langlais rappelle ici l’épisode des fusions municipales et des tentatives de défusion quelques années plus tard.   

«On avait mené un combat. On a fait ce qu’on pensait être juste de faire. On n’a pas reparlé des fusions ensuite», fait-il remarquer.  

Le «Bon Dieu» de Charlesbourg  

«On a essayé de se défendre, mais une fois les fusions faites, on l’a accepté et on a continué de travailler», a raconté l’ancienne conseillère municipale Lisette Lapointe, qui ne pense pas que M. Mercier avait des regrets à la suite de cet épisode.  

«Je n’ai que des bons souvenirs de lui, c’était un homme dévoué. Il était fait pour faire de la politique. Il était toujours prêt à aider tout le monde, quelqu’un de très bien. Je ne lui connais pas d’ennemi. À Charlesbourg, c’était le "Bon Dieu". Tout le monde l’aimait beaucoup», a ajouté celle qui a travaillé avec lui au sein de l’Action civique jusqu’à son retrait en 2009.  

«Encore récemment, quand je l’accompagnais dans un centre commercial ou ailleurs, on l’appelait toujours "monsieur le maire"», a renchéri son fils Éric.  

Comme un curé  

«C’était d’abord mon père, mais c’était aussi un mentor», a ajouté son fils qui a été député provincial de 2003 à 2007.  

«Dès mon jeune âge, je l’admirais dans ce qu’il faisait, même avant la politique. Nous avions une imprimerie familiale sur la rue Sault au matelot et je l’accompagnais dans ses livraisons. J’ai appris le monde des affaires comme ça et les relations publiques. Je l’ai ensuite accompagné dans ses campagnes électorales pour finalement devenir le directeur de ses campagnes.»  

«Il me disait que la politique, c’est un peu comme être curé, c’est une vocation. Il ne faut pas s’en servir pour en tirer un bénéfice, mais pour servir la population.»  

De la Haute-Ville à Charlesbourg  

M. Mercier a conservé son imprimerie, fondée en 1896 par son grand-père Joseph, jusqu’à ce qu’il fasse le saut en politique en 1984.  

«Il était du quartier Montcalm. Il a grandi sur la rue Moncton. En mariant ma mère (Doris Tweddell), dont la famille était enracinée à Charlesbourg, il a adopté la ville. Ils ont acheté une maison dans ce qu’on appelait Orsainville, et n’ont jamais déménagé», a souligné son fils.  

Malgré sa dévotion pour la politique, Ralph Mercier avait une autre priorité, estime Éric.  

«La famille était très importante pour lui. C’était ce qui l’animait. Moi, ma mère et mon frère on a parfois commencé à célébrer son anniversaire sans lui. Il arrivait plus tard et on avait gardé une partie de son gâteau. Durant une quinzaine d’années, on passait du temps dans le Maine l’été. Il partait le vendredi de Québec pour nous rejoindre et repartait le dimanche pour être à son travail le lendemain.»  

Même retiré de la politique, M. Mercier n’a pas pour autant abandonné le service public, bien au contraire.  

«Il a toujours été dans le communautaire. Il était membre d’à peu près toutes les associations de Charlesbourg; club Lion, Chevaliers de Colomb, les organismes sociaux communautaires à Québec. Il a été impliqué jusqu’à tout récemment», détaille son fils Éric.  

Hommage  

«La région de Québec perd un de ses bâtisseurs, un homme politique qui a toujours eu à cœur la qualité de vie des citoyens de Charlesbourg. Il aura marqué l’histoire de notre ville», a souligné le maire de Québec dans un communiqué.  

«Il a été un acteur politique très important de la région pendant très longtemps. Il faut reconnaître ce qu’il a fait à Québec. Il a vécu Charlesbourg (en tant que ville), il a vécu la transition, il a vécu la ville unifiée, il a été maire adjoint. C’est tout un parcours», a ajouté Régis Labeaume, cette fois au cours d’un point de presse.  

«Il était complice de Jacques Langlois et d’Andrée Boucher (ancienne mairesse de Sainte-Foy et de Québec). Il était un ami d’enfance de Jean Pelletier (ancien maire de Québec). Mon père était très impliqué dans le Carnaval de Québec. Il était aussi très près de Jean-Paul L’Allier (le maire de Québec lors des fusions), même s’il ne partageait pas toujours le même but politique», a conclu Éric Mercier.