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Le New Hampshire et l’Iowa n’ont rien réglé

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Après les deux premiers épisodes des primaires, la zizanie qui semble s’être emparée du camp démocrate peut porter à croire que la réélection de Donald Trump est inévitable. Ce serait une erreur.

Ce sera loin d’être facile de déloger l’actuel président, mais il est encore bien trop tôt pour écrire l’épitaphe de la campagne présidentielle démocrate.

Tout va mal ?

Normalement, en période de croissance économique, un président en exercice devrait être réélu. Or, la situation actuelle n’est pas normale. L’insatisfaction des électeurs envers Donald Trump est telle que les résultats s’annoncent serrés malgré une conjoncture favorable. C’est ce qui pousse bien des démocrates à se torturer les méninges pour choisir le candidat qui fera la différence.

Bernie Sanders et Pete Buttigieg sont-ils à la hauteur ? Leurs partisans inconditionnels en sont convaincus, mais les meneurs actuels sont vulnérables aux attaques qui déferleront contre le « socialisme radical » du premier et l’inexpérience — et, de façon plus oblique, l’orientation sexuelle du second.  

Pour ceux qui souhaitaient un couronnement, la contre-performance de Joe Biden est une catastrophe. Or, si l’ex-vice-président est incapable de gagner, mieux vaut l’apprendre maintenant qu’en novembre. Est-ce qu’on assistera à une percée de la part d’Amy Klobuchar ou de Michael Bloomberg ? Les divisions entre démocrates sont-elles irréparables ? L’incertitude qui entoure ces questions alimente le pessimisme.

Juillet est encore loin

Il est normal qu’un parti paraisse divisé lorsque des candidats aussi nombreux que diversifiés s’affrontent, mais Il est beaucoup trop tôt pour jeter la serviette. 

Les primaires américaines sont pleines d’impondérables qui rendent les prédictions hasardeuses. Plusieurs victoires passées qui ont aujourd’hui l’air d’avoir été inévitables ne l’étaient pas du tout après les premiers votes des primaires. 

L’Iowa et le New Hampshire sont loin d’être représentatifs de l’électorat américain et ce n’est que lors du super mardi le 3 mars, qu’une image nette se formera. Pour le moment, les signaux sont mixtes.

Des signaux mixtes

En plus d’une économie qui lui sera probablement favorable, le président disposera d’une énorme caisse électorale qui lui permettra de bombarder les États-clés de publicité et d’autres moyens ciblés pour mobiliser son électorat. Il faut aussi s’attendre à des mesures sans précédent de restriction de l’accès aux urnes pour certaines catégories d’électeurs traditionnellement démocrates.

Les divisions du Parti démocrate pourraient être exacerbées si l’électorat des primaires ne donne pas au meneur une majorité des délégués au congrès de juillet. Par exemple, on peut imaginer un scénario où Bernie Sanders, qui n’est pas membre du parti, gagnerait une pluralité des délégués mais se verrait nier la majorité par les « super-délégués » issus de l’establishment démocrate. Les partisans frustrés de Sanders seraient alors tentés de saborder la campagne d’un gagnant qu’ils jugeraient illégitime. 

Il y a aussi des signes favorables aux démocrates. Même si la semaine dernière a été une des meilleures sinon la meilleure de sa présidence, le taux d’approbation de Trump n’a pas vraiment décollé. Quant aux sondages d’intentions de vote, même après une excellente semaine pour Trump, ils lui sont obstinément défavorables.

Il ne faut pas trop se laisser porter par l’urgence qu’éprouvent certains analystes à sauter immédiatement aux conclusions. Dans quelques mois, l’Iowa et le New Hampshire ne seront que de lointains souvenirs.