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Marché noir de pilules contre le TDAH: l’Université Laval confirme le phénomène et invite les gens à dénoncer les contrevenants

Marché noir de pilules contre le TDAH: l’Université Laval confirme le phénomène et invite les gens à dénoncer les contrevenants
Photo d'archives

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L’Université Laval a confirmé jeudi matin qu’un de ses étudiants a bel et bien été épinglé pour revente de psychostimulants sur son campus. La direction considère toutefois qu’il est difficile de s’attaquer au phénomène «si personne ne parle».  

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Le vice-recteur exécutif de l’Université Laval, Robert Beauregard, a confirmé les informations dévoilées par Le Journal selon lesquelles la revente de médicaments de la famille du Ritalin avait cours sur le campus. Selon nos informations, c’est un étudiant de droit qui a comparu devant le comité de discipline de l’établissement avant les Fêtes.   

«Un cas nous a été rapporté et a été traité en vertu du code disciplinaire de l’université. Je ne peux toutefois pas traiter le résultat du processus, ce sont des renseignements personnels», s’est contenté d’affirmer le vice-recteur.      

Robert Beauregard, vice-recteur exécutif, Université Laval
Photo Pierre-Paul Biron
Robert Beauregard, vice-recteur exécutif, Université Laval

Accusations sérieuses  

Ce dernier a toutefois ajouté que les contrevenants s’exposaient à une dénonciation aux autorités, sans préciser si ce premier étudiant avait été dénoncé aux policiers.  

«De façon générale, si des gestes criminels sont constatés sur le campus par le service sécurité et prévention, ils sont en lien directement avec la police de Québec. [...] Si vous posez des gestes illégaux sur le campus, nous on va être attentif et si on a quelques informations que ce soit, on va faire les suivis, y compris avec la police», assure M. Beauregard.  

Appelé à se prononcer, l’avocat Charles Levasseur affirme qu’un contrevenant s’expose à des accusations criminelles s’il est reconnu coupable d’avoir revendu des médicaments d’ordonnance.  

«Quelqu’un qui vend du Vyvanse, honnêtement, c’est à peu près comme vendre des amphétamines. Tout dépendant de la molécule du médicament, il peut y avoir des accusations en vertu de la loi réglementaire sur les drogues», explique le criminaliste.   

La peine pour trafic de drogue au code criminel varie selon la substance, mais peut aller jusqu’à une peine maximale à perpétuité dans le cas des substances contenues à l’annexe 1, comme les amphétamines. Pour celles de l’annexe 3, comme les médicaments de la famille des méthylphénidates (Ritalin, Concerta), la peine maximale peut aller jusqu’à 10 ans.  

Difficile sans dénonciation  

L’université, malgré la reconnaissance du phénomène de revente, a indiqué qu’il est difficile à circonscrire sans la coopération de la communauté étudiante. La direction appelle à la dénonciation de ces actes illégaux, comme ce fut le cas dans le premier dossier cité devant le comité de discipline de l’établissement.  

«Des commentaires et des bruits de corridor, on en entend comme tout le monde, mais entre ça et pouvoir agir, ça prend de l’information plus spécifique», a expliqué Robert Beauregard.  

«On demande aux gens qui sont témoins de choses illicites de nous les rapporter et nous on va faire les suivis de façon diligente».  

Les associations étudiantes de l’université ont quant à elles soulevé le lien avec la pression vécue par les étudiants. La CADEUL appelle la direction à se pencher sur le phénomène.  

«Cela témoigne de l’ampleur des problèmes de santé mentale qui sont liés au stress de performance et à la compétition entre les pairs à l’Université Laval. [...] La prise de psychostimulants ne doit pas être la solution aux exigences de performance académique», a insisté la présidente de la CADEUL, Laurence Vaillancourt.  

Dans toutes les facultés  

Le Journal dévoilait jeudi matin qu’un réseau de revente de médicaments d’ordonnance pour traiter le TDAH, comme le Concerta et le Vyvanse, était implanté à l’Université Laval. Outre le cas d’un étudiant de droit épinglé avant les Fêtes, des sources ont affirmé que des revendeurs étaient présents «dans toutes les facultés».