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Gaspillage alimentaire: les Mange-Gardiens à la rescousse!

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L’ère est-elle au gaspillage alimentaire ? Alors qu’on ne cesse de parler de l’importance de consommer intelligemment, un montant laisse perplexe. On estime que les ménages québécois gaspilleraient en moyenne entre 1000 $ et 1785 $ de nourriture par année.

Pour l’organisme écologique les AmiEs de la Terre de Québec, il est temps de garnir les rangs des Mange-Gardiens, ces citoyens qui se questionnent sur les déchets qu’ils génèrent dans l’espoir d’en réduire leur poids.

Un bon point de départ pour quiconque souhaite parvenir à se décrire ainsi serait de lire Sauve ta bouffe, un guide qui déborde d’astuces, de solutions et de recettes élaborées en ce sens, comme un « touski » gratiné, une croustade aux fruits mous ou encore un smoothie vide-frigo.

Une pelure à la fois

Une première étape cruciale en vue d’améliorer l’empreinte de son assiette ? L’organisation. Les restes de lunchs, le riz, les pâtes, toutes ces choses oubliées au congélateur et les pots de sauce au fond du frigo méritent toute notre attention.

« Il y a une grande part du gaspillage alimentaire qui peut être évitée dès le départ juste par l’organisation, par la façon dont on place les aliments dans le garde-manger et le frigo, dans les petites habitudes qu’on intègre au quotidien comme tenir un inventaire, faire une liste avant l’épicerie, faire un menu... », explique la directrice du projet Sauve ta bouffe, Marianne Garnier.

Mais est-il possible de tout sauver ce qu’on a acheté et ramené à la maison ? « On peut, mais en a-t-on nécessairement envie ? Une peau de banane, ce n’est pas quelque chose qui est particulièrement appétissant. On peut faire des recettes avec, mais c’est important que les gens ne se forcent pas à manger des choses qu’ils n’ont pas envie de manger. »

Pourquoi donc ne pas commencer par des transformations qui semblent naturelles ? « Récupérer les pelures de pommes de terre pour faire des chips ou la même chose avec des pelures de pommes, déjà là, c’est un peu plus appétissant qu’une peau de banane. »

Au-delà des dates et des apparences

De plus, avec les Mange-Gardiens, les dates de péremption ont la vie dure. « Les gens ont peur d’être malades et on accorde beaucoup trop d’importance à la date qui veut simplement garantir la fraîcheur et les qualités nutritionnelles [...]. On a un peu perdu le jugement par rapport à l’apparence des aliments. Un fruit ou un légume, on est amplement en mesure de voir s’il est trop dégradé pour être mangé. Il n’y a pas de date de péremption sur un fruit ou un légume. C’est d’appliquer un peu le même jugement sur un yogourt ou une sauce. »

Selon Marianne Garnier, « on est assez obsédés par l’apparence des choses. » Pourtant, rappelle-t-elle, on peut essayer de récupérer le maximum des aliments qui ont perdu de leur lustre en coupant les parties moins bonnes pour ne conserver que celles qui ont encore une valeur, par exemple.

Ce n’est là qu’une des ingénieuses idées contenues dans le livre Sauve ta bouffe, maintenant disponible en magasin.

<b><i>Sauve ta bouffe</i></b><br/>
Collectif<br/>
Éditions GOELETTE<br/>
641 pages
Photo courtoisie
Sauve ta bouffe
Collectif
Éditions GOELETTE
641 pages


EMMANUEL BILODEAU, UN ARTISTE CONSCIENTISÉ

Emmanuel Bilodeau
Photo Agence QMI, Dominick Gravel
Emmanuel Bilodeau

Se décrivant sans gêne comme un « gaspilleur alimentaire » dans la préface du livre Sauve ta bouffe, Emmanuel Bilodeau n’hésite pas à aborder un de ses pires défauts.

« La blague dans la maison c’est : “ah, ce n’est pas grave, ça se composte super bien...” Ce n’est malheureusement plus une excuse. »

Père de quatre enfants, le comédien et humoriste ne cache pas qu’il tourne parfois les coins ronds dans la vie de tous les jours. Mais cela ne l’empêche pas d’être conscient de l’importance des petits gestes. « Si personne ne gaspillait, on pourrait presque sauver la planète... C’est fou ! »

Seulement, il ne faut pas se prendre trop la tête. Simplement agir. « Vivre, ça pollue. Il faut arrêter de capoter, mais en même temps, il faut faire des efforts parce que le bilan des prochaines années est tellement peu reluisant », dit-il.

Bouillon, purée et smoothie

Bien qu’il ait toujours peur de manquer de nourriture, l’artiste tient à changer certaines façons de consommer à la maison. Il achète moins souvent et, surtout, donne une seconde vie à plusieurs aliments comme le kale ou les brocolis peu ragoûtants en concoctant du bouillon.

« Maintenant, j’en ai pour le quinoa, pour faire cuire du riz... Tout ce qui cuit normalement dans l’eau cuit dans du bouillon de légumes. Sinon, pour les recettes anti-gaspillage, c’est souvent du quinoa avec tout dedans. »

Il remplace aussi le sucre par des légumes. « Souvent, s’il me reste des betteraves et des patates douces qui vont flétrir, j’en fais une purée, ajoute-t-il. Je la mets dans mon pain ou mes brownies. »

Et que fait-il quand l’espoir de réchapper ce qui est santé s’amenuise ? « Je mets tout dans mes smoothies, mais il n’y a personne d’autre que moi qui peut boire ça. C’est dégueulasse. Mais j’adore boire des affaires santé, ça me rend heureux. »

Bouillon aux épluchures

Photo courtoisie, Nadia Bélanger

Cari vide-frigo

Photo courtoisie, Nadia Bélanger

Boulettes végé et sauce tzatziki

Photo courtoisie, Nadia Bélanger

Croustade aux fruits mous

Photo courtoisie, Nadia Bélanger

Croustilles d’épluchures de pommes de terre

Photo courtoisie, Nadia Bélanger