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L’amour au temps des belles folies

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Ah... La St-Valentin. Les amoureux s’en délectent. Les célibataires s’en peinent ou l’ignorent. Quant aux mal accompagnés pris dans un couple qui ne sait plus qu’il en est un, ils retiennent leur souffle ou regardent ailleurs le temps qu’elle passe.  

Rien de pire, par contre, que les roses toutes pareilles livrées par automatisme, le chocolat pas mangeable acheté par obligation ou encore, les cartes rouge-bonbon achetées à la va-vite à la pharmacie du coin.  

Du temps de nos mères – attention pour le compas générationnel, je suis dans la bonne cinquantaine -, ce qu’en ai vu de tous ces faux-pas commis par des maris aussi romantiques qu’un bout de bois desséché depuis longtemps. Rien de pire, vous l’ai-je dit?  

Sans compter, toujours dans la même catégorie des mal-accompagnés, le souper obligé au resto où la conversation est aussi absente qu’un leader charismatique à une course à la chefferie libérale.  

De fait, il n’y a pas que nos mères qui ont parfois vécu de ces St-Valentin proches de la torture. Ma génération, aussi.  

Ah... La St-Valentin. La fête de l’amour mérite pourtant beaucoup mieux.  

Elle mérite de belles folies, que l’on s’offre en couple – lorsqu’il va bien, évidemment -, ou entre amis, en famille ou même seul.  

Et lorsqu’un couple vit des difficultés majeures, le plus beau cadeau ne serait-il pas de s’offrir une vraie thérapie de couple vraiment prise au sérieux par chacun et chacune? Condition sine qua non à l’espoir d’un vrai renouveau.  

J’en connais qui, parce que les deux s’y sont investis complètement, en sont ressortis plus forts et plus amoureux que jamais. Mais dès qu’un des deux s’en méfie, l’échec est écrit dans le ciel.  

On le dit trop rarement, mais l’amour, après les passions initiales des débuts, ça demande d’être bichonné, d’être traité aux petits soins et avec romantisme. Oui, oui. Bref, ça demande de l’effort amoureux.  

En cette ère de l’amour au temps du porno, ça exige aussi qu’on y tourne le dos pour mieux s’occuper de sa tendre moitié, au lieu de lui trouver ce bien pauvre substitut.  

Dans Le Devoir de ce matin, ma collègue Josée Blanchette résume ainsi les paroles fort sages sur le sujet de l’acteur David La Haye : «La pornographie a fait beaucoup de mal à l’érotisme, les réseaux sociaux ont tué la confiance et instauré une mentalité de guerre des sexes».  

Dans le Journal de Montréal d’aujourd’hui, ma collègue Denise Bombardier le dit avec éloquence et justesse : «L’amour sera toujours l’antithèse de la pornographie, laquelle pollue à travers ses tentacules le champ entier de la sexualité à notre époque.» L’art de résumer un des pires problèmes de notre époque dans la sphère amoureuse.  

Il est en effet vrai que l’amour, du moins, celui qui se projette dans l’avenir tout en dégustant pleinement le présent, ne souffre pas la dégradation des femmes qu’on trouve dans le porno. Il en est, comme le dit Mme Bombardier, l’antithèse parfaite.  

Et puis, l’amour, il ne faut pas l’oublier non plus, sous toutes ses plus belles formes, embrasse beaucoup plus large, si vous me permettez, que celui du couple, quel que soit par ailleurs le sexe des partenaires.  

Là-dessus, à chacune et à chacun sa définition de ce qu’est une «belle folie», n’est-ce pas?  

S’offrir une «belle folie», c’est aussi l’art de se réconcilier avec le temps qui passe. C’est drôle, mais plus il passe, moins on veut le perdre. Plus il se fait rare, mieux on veut en prendre soin. Plus et mieux on veut en profiter.  

Vivre et aimer, voilà sûrement le couple parfait.  

Je vous souhaite à toutes et tous une très belle St-Valentin, celle qui saura ensoleiller votre journée et votre cœur.