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Gabriel Matzneff, un écrivain particulièrement toxique

Le consentement
Photo courtoisie Le consentement
Vanessa Springora
Aux Éditions Grasset
206 pages

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Depuis quelques semaines, c’est le livre dont tout le monde parle. Et avec tout ce qu’il dénonce, on ne peut faire autrement que de s’en réjouir.

Comment pareille chose a-t-elle pu se produire sans que personne réagisse ? Depuis la sortie de ce livre autobiographique, qui dénonce haut et fort les terribles déviances de l’écrivain français Gabriel Matzneff, c’est la question qu’on se pose tous. 

Alors qu’elle venait à peine de célébrer ses 14 ans, Vanessa Springora, qui est maintenant à la tête des Éditions Julliard, a en effet commencé à fréquenter cet éminent homme de lettres. 

Il avait à l’époque 50 ans et autour de lui, tout le monde savait qu’il avait toujours eu un faible pour les jeunes filles vierges ou les garçons imberbes de 11-12 ans. Bref, qu’il était pédophile. Et que pour satisfaire ses besoins, il n’hésitait pas à partir régulièrement aux Philippines, où les petits garçons prêts à contenter les vieux messieurs en son genre ne manquaient pas. 

Sortir de l’ombre

Pour nous aider à comprendre comment une mère a pu livrer sa fille adolescente aux mains d’un tel monstre ou comment le milieu littéraire des années 1970-1990 a pu ouvertement cautionner les travers de Matzneff (en 1977, une lettre ouverte de dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et mineurs a même été signée par de nombreux intellectuels de gauche !), Vanessa Springora revient avec pudeur sur sa jeunesse volée. Car dès que la petite V. laissera entrer G. dans sa vie, jamais elle ne pourra échapper à l’engrenage qui ne tardera pas à la broyer.

Une lecture qui secoue, la notion de victime consentante méritant sérieusement d’être revue lorsque ladite victime n’est encore qu’une enfant.  

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

L’homme qui pleure de rire

Frédéric Beigbeder<br />
aux Éditions Grasset<br />
320 pages
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Frédéric Beigbeder
aux Éditions Grasset
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Sur la couverture, une émoticône qui rigole tellement qu’elle en a les larmes aux yeux. Ce qui illustre assez bien la situation d’Octave Parango. Le héros de 99 francs et d’Au secours pardon est en effet devenu humoriste sur la chaîne radio la plus écoutée de France. Mais fatigué de vivre dans un monde où l’humour est devenu la norme, il ne tardera pas à resaboter lui-même sa carrière. Une histoire sympa, mais pas toujours facile à suivre si on ne connaît pas toutes les personnalités françaises de l’heure. 

Comptine mortelle

Anthony Horowitz<br />
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Anthony Horowitz
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Depuis quelques années, Alan Conway enchaîne les best-sellers, qui mettent tous en vedette le détective Fidèle Staupert. Dix-huit millions d’exemplaires de vendus et plusieurs prix, dont le Gold Dagger Award. Son tout nouveau manuscrit – qu’on pourra d’ailleurs lire dans sa version presque intégrale ! – obligera cependant son éditrice à jouer elle aussi les détectives. Avec pour résultat de nous offrir un très, très bon moment de lecture !

Presque végé

Geneviève O’Gleman<br />
aux Éditions de l’Homme<br />
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Geneviève O’Gleman
aux Éditions de l’Homme
240 pages

Un outil ultrapratique si on tient vraiment à manger chaque jour un peu moins de viande sans devenir végétarien pour autant. Pâté chinois moitié-moitié (moitié bœuf et moitié lentilles), bavette de bœuf à l’érable (en privilégiant des portions de viande nettement plus petites), plats 100 % végés (linguinis Alfredo aux asperges, dhal aux épinards, salade marocaine aux pois chiches grillés, enchiladas aux lentilles du Puy)... De tout pour tous les goûts !

Trésors du patrimoine immatériel de l’UNESCO

Collectif<br />
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272 pages
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Collectif
aux Éditions Prisma
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Depuis le début du XXIe siècle, l’UNESCO a ajouté à la liste du patrimoine mondial de l’humanité un tout autre volet : les trésors culturels immatériels. Autrement dit, les traditions ancestrales, les coutumes régionales, les savoir-faire ou les fêtes rituelles qui ne devraient surtout pas sombrer dans l’oubli. Tout le contenu de ce livre grand format est donc carrément fabuleux. 

Frissons garantis

Je suis le fleuve<br />
T. E. Grau<br />
Aux Éditions Sonatine<br />
288 pages
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Je suis le fleuve
T. E. Grau
Aux Éditions Sonatine
288 pages

Je suis le fleuve

Au tournant des années 1960, Israel Broussard aura la riche idée de s’engager dans l’armée américaine. Et tout comme des dizaines de milliers d’autres soldats, il ne tardera pas à prendre la direction du Vietnam, où la guerre bat son plein depuis déjà beaucoup trop longtemps. 

Alors pourquoi, quelques mois plus tard, Broussard sera-t-il retrouvé à moitié mort au sud-ouest du Laos, dans une zone située à plusieurs centaines de kilomètres de la ligne de front ? De deux choses l’une : ou bien Broussard a tenté de déserter, ou bien l’un de ses supérieurs a décidé d’y mener une opération secrète. Si secrète qu’elle ne figure dans aucun rapport...

Un bout d’enfer

On fera personnellement la connaissance de Broussard bien après la guerre. Ce qui veut dire que jamais on ne saura vraiment comment il était du temps où il avait encore toute sa tête. Alors qu’il vit désormais à Bangkok, c’est d’ailleurs dans la salle d’attente d’un cabinet de psychiatrie qu’on le retrouvera. Il a ramené de la jungle une créature infernale qui loge en permanence dans son crâne, et pour suivre le fil chaotique de sa pensée, il faut souvent s’accrocher (surtout au début !). Mais le jeu en vaut la chandelle parce que cet ex-soldat complètement brisé a une terrible histoire à raconter. Si terrible qu’elle risque d’en hanter plus d’un...