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L’élève et le maître

Michel Nadeau renoue avec le jeu dans la pièce Rouge, écrite par le scénariste de Skyfall

Rouge
Photo courtoisie, Nicola-Frank Vachon Steven Lee-Potvin lors des répétitions de la pièce Rouge, mise en scène par Olivier Normand.

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Michel Nadeau n’a pas joué de rôle d’importance au théâtre depuis onze ans. Le directeur artistique du théâtre La Bordée renouera avec son métier d’acteur dans un rôle de mentor et d’enseignant qui colle bien à sa peau.  

Il se glissera dans la peau du peintre américain Mark Rothko dans la pièce Rouge, qui sera à l’affiche à partir du 25 février dans le théâtre qu’il dirige dans le quartier Saint-Roch.  

Écrite par John Logan, scénariste des longs métrages Skyfall, Gladiateur et Le dernier samouraï, elle raconte l’histoire d’un peintre qui travaille avec un jeune assistant pour la réalisation d’une série de murales pour un chic restaurant de New York.   

Rouge aborde le rapport entre le maître et un élève qui apprend les règles de l’art, entre l’ancien et le nouveau, et celui entre l’art, la gloire et l’argent.   

« Ça parle de la place de l’art dans la vie. Est-ce que tu es encore un artiste lorsque tes œuvres sont achetées par les plus riches et que l’art sert à décorer leurs maisons ? Est-ce que l’artiste est encore pertinent une fois qu’il est rendu au top de sa célébrité ? À quel moment un artiste doit laisser sa place aux autres ? Ça pose toutes ces questions », a laissé tomber Michel Nadeau, lors d’un entretien.  

Michel Nadeau (à droite).
Photo courtoisie, Nicola-Frank Vachon
Michel Nadeau (à droite).

L’homme de théâtre a découvert ce texte, par hasard, lors d’un congé sabbatique en Europe en 2013.  

« C’est bien écrit, bien fait, et on retrouve de beaux personnages. J’ai tout de suite accroché à l’histoire, lorsque j’ai lu le texte. C’est un beau morceau de théâtre », a-t-il fait savoir.    

Une autre génération  

Michel Nadeau enseigne depuis qu’il a l’âge de 29 ans au Conservatoire d’art dramatique de Québec. La relation maître-élève, qui est l’élément central de Rouge, est aussi la sienne. Il a enseigné à Steven Lee Potvin, qui personnifiera Ken, le jeune artiste-peintre dans cette œuvre qui se déroule en 1958 et 1959.  

« Tu sens, à partir de la quarantaine et de la cinquantaine, que ces jeunes, qui ont l’âge de tes enfants, font partie d’une autre génération. Tu leur enseignes quelque chose et ils font autre chose, avec leur langage à eux, lorsqu’ils sortent de l’école », a-t-il fait remarquer.  

La dernière présence de Michel Nadeau sur les planches, dans un rôle consistant, remonte à sa création Reconnaissance, qui a été jouée au Trident à l’automne 2009.  

L’acteur, auteur et metteur en scène d’expérience avoue ressentir une certaine nervosité à l’aube des premières représentations.  

« Il y a beaucoup de texte, et le plus angoissant est lié à la mémoire, mais ça se passe bien. Il y a aussi tout l’aspect physique avec 90 minutes de présence sur les planches. Il y avait un peu de rouille », a-t-il admis en riant.  

Rouge
Photo courtoisie, Nicola-Frank Vachon

Michel Nadeau et Steven Lee Potvin sortent les pinceaux à différents moments de ce spectacle qui se déroule dans l’atelier du maître à New York.  

« On a eu, l’été dernier, une séance de travail de deux heures avec l’artiste Catherine McInnis, pour se familiariser avec la peinture », a-t-il indiqué, précisant, en toute humilité, qu’il n’avait pas un grand talent pour cette forme d’art.  

Rouge est présentée du 25 février au 21 mars à La Bordée.