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Les mémoires d'Obama: quelques conseils

Les mémoires d'Obama: quelques conseils

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Presque tous les présidents américains ont rédigé leurs mémoires après leur passage à la Maison-Blanche. Certains, plus rares, les ont rédigées personnellement, alors que d’autres ont préféré retenir les services d’écrivains plus talentueux.  

L’historien et journaliste Craig Fehrman notait hier que les mémoires du président Obama se font attendre. Son éditeur n’a pas encore annoncé de date de parution ni même de titre.        

Fehrman, qui a travaillé pour le Washington Post, le New York Times et le Wall Street Journal, vient de publier un premier livre. La particularité de son livre intitulé Author in Chief est qu’il s’intéresse aux publications rédigées par les présidents. On oublie souvent que certains d’entre eux ont beaucoup publié et que leur plume fut souvent appréciée.        

À la lumière des biographies des prédécesseurs du 44e président, Fehrman s’amuse à conseiller le président sur l’orientation que devraient prendre ses mémoires, sur les qualités à développer et les pièges à éviter.       

L’historien suggère au premier président noir d’éviter le piège dans lequel s’est empêtré le deuxième président, John Adams. Ce dernier s’est lancé dans l’aventure pour tenter de régler des comptes. Plutôt que de nous laisser un récit passionnant, une vue de l’intérieur de la révolution américaine dont il fut l'un des acteurs principaux, Adams a visé tellement d’adversaires qu’il a fini par abandonner le projet après un peu plus de 400 pages!       

Un autre exemple dont on ne devrait pas s’inspirer est celui de James Buchanan. Le prédécesseur d’Abraham Lincoln a quitté ses fonctions en 1861 dans un contexte dramatique. On peut comprendre son désir d’expliquer une présidence qui se termine par le début de la guerre de Sécession, mais jamais Buchanan ne prendra le moindre blâme. Ses mémoires ne sont donc qu’une longue suite d’accusations contre les abolitionnistes, les généraux ou les journalistes (ça ne date pas d’hier!).       

Si Obama doit éviter de régler des comptes ou de pointer du doigt ceux ou celles qui seraient responsables d’échecs dans le cours de sa vie politique, de quel président devrait-il s’inspirer? La suggestion de Fehrman m’a étonné: Calvin Coolidge. J’ai lu beaucoup de biographies de présidents du vingtième siècle et la présidence Coolidge ne m’a jamais vraiment passionné. Si le président était peu loquace et terne, Ferhman vante les mérites de sa plume et de l’angle retenu pour raconter son passage à la présidence.       

Calvin Coolidge se permettra de se présenter sous un jour très humain. Son autobiographie connut un grand succès et les revendeurs firent des affaires d’or. Le président raconte comment son fils est décédé après s’être blessé en jouant sur la pelouse de la Maison-Blanche. La blessure s’est infectée et l’enfant est décédé après avoir souffert. Coolidge avoue porter le blâme de cette mort. Comment un des hommes les plus puissants pouvait-il être à ce point démuni devant une souffrance qu’il ne pouvait soulager et une mort qu’il n’était pas en mesure d’éviter? Si je n’étais pas devenu président, écrit-il alors, il ne se serait pas blessé ainsi...       

Fehrman souhaite donc qu’Obama s’inspire de Coolidge en rédigeant un livre qui ne serait pas trop long, qui nous présenterait un homme modeste et humain. Déjà, être le premier président noir offre un angle particulier. Saura-t-il éviter ses ennemis? Acceptera-t-il sa part de blâmes?        

On peut reprocher un certain nombre de choses à la présidence Obama, mais l’homme a toujours été digne et rassembleur. Ses discours et son attitude lors des tragédies ont démontré qu’il savait s’élever dans les moments de grandes tensions ou de grandes tristesses. Parions que c’est ce ton qu’on retrouvera dans ses mémoires. Si le récit est les anecdotes de Fehrman ont piqué votre curiosité, je vous redirige ici. Pour ma part, je vais bientôt me procurer une copie d'Author in Chief!