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L’heure de vérité

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L’heure de vérité approche. Les autorités chinoises ont-elles communiqué à l’Organisation mondiale de la santé les bons chiffres sur le nouveau coronavirus, ou bien ont-elles faussé ces chiffres ? Plusieurs indices laissent penser que le nombre de victimes et le taux de mortalité sont beaucoup plus élevés que ce que les autorités chinoises admettent.  

Les vrais chiffres pourraient bientôt sortir. Jusqu’à présent, 450 personnes ont été infectées dans 24 pays autres que la Chine. Il est impossible de manipuler les statistiques de tous ces pays. La vérité éclatera si l’épidémie s’étend partout, ce qui malheureusement semble se produire. L’espoir serait maintenant de ralentir la propagation du virus plutôt que de le stopper, en espérant que l’arrivée des temps chauds dans l’hémisphère nord en viendra à bout.  

Pourquoi estime-t-on que le gouvernement chinois cache les vrais chiffres ?  

Plusieurs raisons laissent croire que les autorités chinoises cachent les véritables chiffres sur l’épidémie. Des journalistes qui enquêtaient sur le coronavirus ont subitement disparu de la circulation. Ils avaient mis en ligne des images de chambres d’hôpital à ce point surchargées que des patients alités y côtoyaient des cadavres placés au sol dans des sacs mortuaires. Le Taiwan News rapportait la semaine dernière qu’un site internet chinois, Tencent, avait momentanément publié des statistiques sur l’épidémie qui montraient que le nombre de personnes contaminées était dix fois plus élevé que les chiffres officiels. Des modèles théoriques médicaux aboutissent aussi à des résultats plus élevés que les chiffres officiels. Enfin, les employés chinois n’ont pas toujours la compétence ou la volonté requise pour colliger les chiffres.  

Pourquoi manipuler les chiffres ?  

Manipuler les chiffres est une habitude culturelle pour le Parti communiste chinois. Il le fait pour projeter une bonne image et rassurer. Les dirigeants subalternes enjolivent aussi les chiffres pour mieux paraître aux yeux de leurs supérieurs.  

Comment les Chinois vivent-ils l’épidémie ?  

L’administration publique applique des méthodes de plus en plus absurdes. Les camions de marchandises qui se rendent dans les zones en quarantaine ne peuvent plus en ressortir. Les fonctionnaires doivent remplir des suppléments de paperasse qui les obligent à demeurer au bureau jusqu’à des heures tardives, le soir. Dans les villages, les fonctionnaires doivent procéder eux-mêmes aux examens médicaux des étrangers qui entrent dans leur territoire, pour s’assurer qu’ils n’ont pas le nouveau coronavirus. L’activité économique redémarre très lentement dans les grandes zones industrielles.  

Le pouvoir de Xi Jinping est-il menacé ?  

Le pouvoir de Xi Jinping a été fragilisé, mais pas menacé. Xi a mal géré la crise de Hong Kong. Cette mauvaise gestion est responsable de la réélection du gouvernement indépendantiste à Taïwan. La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis est aussi survenue sous le règne de Xi. La crise du nouveau coronavirus a ouvert la voie à la critique des politiques hypercentralisatrices de Xi.  

Comment le gouvernement chinois réagit-il face aux critiques ?  

Depuis la chute de l’URSS, le Parti communiste chinois clame qu’il empêche la Chine de sombrer dans le chaos. Mais l’opinion publique a plutôt tendance à penser que la crise du nouveau coronavirus est apparue parce que Xi Jinping est un incompétent. Par conséquent, le Parti communiste vient d’ouvrir au maximum les vannes de son appareil de propagande. Il espère changer l’opinion publique et la persuader que la crise aurait été bien pire sans les bons soins de Xi et du Parti communiste chinois.