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Prendre position sur les signes religieux

WE 0215 THÉÂTRE L’assemblée
Photo courtoisie, Maxime Côté

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Le docu-théâtre L’assemblée, qui a suscité une foule d’émotions lors de sa création en 2018, sera repris dans les prochains jours à l’Espace GO. La pièce met en lumière quatre femmes d’origines différentes qui débattront de la place qu’elles doivent occuper dans la société québécoise en évoquant des sujets chauds tels le port de signes religieux, la xénophobie, l’immigration et le féminisme.

On ne pouvait trouver un sujet plus actuel, plus chaud et plus polarisant que celui-ci. D’autant plus que, depuis sa création, une nouvelle loi sur la laïcité de l’État, la loi 21, adoptée en juin dernier, s’ajoute au débat.

La proposition se veut une confrontation entre quatre femmes aux idéologies, aux croyances et aux origines différentes, au nom de leur identité à laquelle elles tiennent. Parmi ces quatre femmes, Josée Rivard, originaire de la Beauce, ex-membre de La Meute, est interprétée par Amélie Grenier. « C’est une Québécoise de souche militante pour le patrimoine québécois », lance la comédienne à propos de son personnage. Surtout, une Québécoise qui n’a pas la langue dans sa poche, qui s’est fait remarquer par ses vidéos aux opinions tranchées contre l’islam sur les réseaux sociaux. 

Les trois autres femmes d’univers différents sont Isabelle (Pascale Buissière), une économiste d’origine française, née au Québec et dont les parents ont immigré dans les années 1950. S’ajoutent Yara (Nora Guerch), une Québécoise d’origine libanaise, qui se sent plus près des anglophones que des francophones, ainsi que Riham (Sounia Balha), une Égyptienne de confession musulmane qui est une femme voilée et qui se sent rejetée par son pays d’adoption. 

La pièce découle du verbatim des rencontres réalisées individuellement avec chaque femme par la production Porte Parole.

Se sentir utile

Amélie Grenier voit ce spectacle comme une ouverture vers les autres.

« C’est la première fois de ma vie que j’ai l’impression, comme actrice, que je fais quelque chose qui peut changer le sort du monde », confie la comédienne qui connaît bien les différences culturelles. « Je viens de Gatineau et j’ai grandi avec les petites querelles entre francophones et anglophones, souligne-t-elle. Le discours de Josée sur l’identité, je l’ai entendu pendant des années. »

Mais ce qu’Amélie Grenier a aimé le plus dans tout ce processus a été sa rencontre avec Josée, la femme derrière le personnage qu’elle incarne. « La plus belle des recherches que j’ai pu faire, ç’a été d’aller manger avec Josée, admet la comédienne. On a discuté de toutes les questions que j’avais en suspens ou par rapport aux positions qu’elle prenait et elle m’a répondu avec beaucoup d’ouverture­­­. »

Débats

Outre les débats entre les quatre femmes, on laisse la parole pendant quinze minutes aux spectateurs en les invitant à la fin de la pièce à monter sur scène et à présenter leur point de vue sur le sujet.

« Je trouve fabuleux que les spectateurs sortent du spectacle en se disant : je ne peux pas prendre juste pour une », indique Amélie Grenier.  

Aux quatre comédiennes sur scène s’ajoutent deux hommes Alex Ivanovici et Brett Watson, coauteurs, qui agissent en tant que modérateurs en cas de dérapage.

« Il n’y a pas eu de débordements, plusieurs étaient très articulés dans leur façon d’exposer leur point de vue », fait-elle remarquer.

La pièce partira en tournée cet automne à travers le Québec. « J’ai bien hâte de voir la réaction des spectateurs en région », conclut la comédienne.

Par ailleurs, Amélie Grenier montera sur les planches du Théâtre Beaumont-­St-Michel pour un cinquième été pour y jouer Une heure de tranquillité. Elle vient aussi de prendre part au tournage à Québec de la série de Patrick Huard, Escouade 99

La comédienne est également de la distribution du court métrage Les grandes claques.

L’assemblée

Auteurs : Alex Ivanovici, Annabel Soutar, Brett Watson

Mise en scène : Chris Abraham

Distribution : Pascale Bussières, Amélie Grenier, Nora Guerch et Sounia Balha

Du 25 février au 8 mars

Au Théâtre Espace GO