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Bloomberg-Clinton 2020?

Bloomberg-Clinton 2020?
AFP

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La rumeur circule depuis hier. Michael Bloomberg songerait à Hillary Clinton comme candidate à la vice-présidence.  

Si je ne crois pas que cette rumeur soit sérieuse, ni les responsables de la campagne Bloomberg ni la principale intéressée n’ont écarté définitivement cette possibilité. Du côté de Bloomberg, on se limite à dire qu'on ne se concentre pour l’instant que sur la course à l’investiture, alors que Mme Clinton a prudemment répondu que ça n’arriverait pas, mais qu’il ne faut jamais dire jamais.  

Déjà, la source à l’origine de cette rumeur est discutable. Elle émane du commentateur politique conservateur Matt Drudge. Si Drudge a déjà quelques primeurs intéressantes à son actif (le scandale Clinton–Lewinsky par exemple), depuis le début de la présidence Trump, des problèmes semblent plomber la gestion de son site web The Drudge Report.  

Bien des journalistes et observateurs sérieux ont noté que Drudge a d’abord supporté Trump avant de tomber en disgrâce à la suite de la publication de plusieurs articles critiquant l’administration. Ce prétendu «scoop» d’une alliance entre Bloomberg et Clinton ne pourrait être qu’un écran de fumée.  

Non seulement la source de la rumeur ne me semble pas très solide, mais je m’interroge également sur la pertinence d’une association entre Bloomberg et Clinton. Généralement, le candidat ou la candidate à la vice-présidence offre des qualités ou des caractéristiques qui complètent celles du candidat ou de la candidate à la présidence. Quand on observe les faiblesses de l’ancien maire de New York, on se demande bien ce qu’Hillary peut apporter.  

Vous imaginez la réaction des progressistes au sein du Parti démocrate si on formait cette paire? Ce serait ajouter l’insulte à l’injure. Au moment où des partisans de Bernie Sanders affirment déjà que le sénateur du Vermont est une fois de plus la victime d’un biais défavorable, on leur lancerait dans les pattes la gagnante de l’investiture de 2016?  

Malgré les trois millions de votes qui lui permettaient de remporter le vote populaire en 2016, Hillary Clinton est un personnage politique qui polarise. S’adjoindre ses services, ce serait probablement abandonner l’idée de séduire quelques indécis. Elle pourrait peut-être contribuer à exacerber le vote partisan, mais elle n’apporterait rien de bien nouveau.  

La campagne de Donald Trump ne peut que se réjouir de cette rumeur. Le retour d’Hillary, ce serait aussi le retour des slogans préférés de Donald Trump. De plus, le président pourrait exploiter à fond un complot de l’État profond et de l’establishment. Je me demande aussi ce que penserait le reste du pays en observant trois New-Yorkais se battre pour la présidence.  

Si je crois que cette rumeur n’est pas très sérieuse et que les probabilités qu’elle se matérialise sont marginales, rien ne nous empêche de nous amuser un peu et de délirer. Vous imaginez un ticket Bloomberg-Clinton accéder à la présidence? Imaginez ensuite Michael Bloomberg, annonçant qu’il démissionne... Si Hillary réalisait alors son grand rêve de devenir la première femme à accéder à la présidence, j’ose à peine imaginer la réaction d’une majorité d’Américains, républicains comme démocrates.  

Bon, assez joué. Je serai de retour lundi avec un billet plus sérieux. Bon dimanche à toutes et à tous!