/weekend
Navigation

Filmer sa vie

Play, le film de notre vie
Photo courtoisie Max Boublil et Alice Isaaz dans la comédie romantique Play, le film de notre vie.

Coup d'oeil sur cet article

Chez certaines personnes, la crise de la quarantaine entraîne une profonde remise en question et parfois même un désir de changer de vie. À l’aube de ses 40 ans, l’humoriste et acteur français Max Boublil a plutôt voulu ressasser de vieux souvenirs de la première partie de sa vie et s’en inspirer pour coécrire une comédie romantique tout à fait charmante intitulée Play, le film de notre vie. 

Ce film qui a pris l’affiche hier au Québec suit donc le parcours de Max (joué par Boublil) sur une période de 25 ans. On le rencontre la première fois au début des années 1990, quand il reçoit en cadeau sa première caméra, le jour de son 13e anniversaire. Puis on le suivra pendant les 25 années suivantes à travers les vidéos des étapes importantes de sa vie, qu’il filmera lui-même : ses amitiés, ses amours, ses grands moments de bonheur, mais aussi de tristesse. 

Max Boublil a écrit le scénario de Play, le film de notre vie avec le réalisateur Anthony Marciano (Les Gamins), un collaborateur de longue date.

« Anthony et moi, on a eu 40 ans cette année, et on s’est dit qu’on allait donner un dernier coup d’œil dans le rétroviseur pour voir comment étaient nos vies », a expliqué Max Boublil lors d’un entretien téléphonique accordé au Journal plus tôt cette semaine. 

« Pour écrire le scénario du film, on a mélangé nos souvenirs à lui et à moi. C’est marrant parce que quand il m’a raconté ses souvenirs, je me suis rendu compte qu’ils ressemblaient beaucoup aux miens et qu’on avait vécu à peu près les mêmes choses aux mêmes moments. On ne se connaissait pas à l’époque, mais on était tous les deux Parisiens et on a grandi tous les deux dans des quartiers populaires. On a eu le même âge à la même époque. Le personnage principal du film, c’est donc un mélange de lui et de moi. » 

Si Max Boublil a incarné le personnage de Max à l’âge adulte, il a fallu trouver deux jeunes acteurs qui lui ressemblaient pour jouer le rôle à l’adolescence. Le réalisateur Anthony Marciano a aussi dû trouver des acteurs pour jouer les rôles des meilleurs amis de Max à différents âges. 

« C’était bouleversant de tourner les scènes avec les jeunes acteurs qui jouaient les personnages à l’adolescence, parce qu’on avait devant nous des jeunes qui nous ressemblaient dans des chambres d’adolescents identiques aux nôtres quand on avait cet âge, relate Max Boublil. Cela nous permettait de regoûter à cette époque. On a un peu été chamboulés par cette machine à remonter le temps. »

Nostalgie 

Max Boublil ne s’en cache pas : la nostalgie a servi de moteur pour l’écriture de Play, le film de notre vie. Le film propose un regard tendre et amusant sur les années 1990 en faisant revivre quelques événements marquants de l’époque, comme la Coupe du monde de 1998, qui avait été remportée par la France.

« C’est un film qui nous parle de nous, insiste Max Boublil. On y a mis toutes nos références. C’est sûr qu’on a eu un peu peur à un moment donné que le film ne parle pas à la jeune génération, qui n’a pas vécu ces années-là. Mais finalement, les jeunes d’aujourd’hui se reconnaissent aussi dans le film. Parce que les choses que vivent les personnages dans le film (premier jour de permis de conduire, première virée dans les bars, etc.), ce sont toutes des choses qu’ils vivent en ce moment. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas vu la nostalgie du film. Ils se sont plutôt reconnus dans les personnages. »

Pour respecter le concept du film, qui consiste à suivre un personnage qui filme son histoire avec sa propre caméra, le réalisateur Anthony Marciano a fait le pari de tourner tout le long métrage en caméra subjective. Max Boublil admet avoir eu quelques doutes sur cette idée au départ.

« J’avais peur que le format fasse peur aux gens et les empêche d’entrer dans l’histoire », dit-il. 

« Quand on a commencé à tourner le film, j’ai même dit à Anthony que je n’étais pas sûr que ça pouvait fonctionner sur la longueur. Mais lui était convaincu que ça pouvait marcher. Avant la première projection, j’étais flippé, j’avais peur que ça ne tienne pas la route. Mais finalement, on oublie le format en deux secondes et on se laisse totalement embarquer dans le film. »


Play, le film de notre vie a pris l’affiche au Québec hier.