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Jouer aux cow-boys?

GEN - MANIFESTANTS MOHAWKS DE KAHNAWAKE
Photo Martin Alarie Sans être cavalier avec les Autochtones, le gouvernement devra être plus ferme dans la voie à emprunter !

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Andrew Scheer n’a pas fait dans la dentelle à l’égard des blocus des autochtones sur les voies ferroviaires du pays. On pouvait facilement se l’imaginer mener la charge de la cavalerie de la police montée royale du Canada pour chasser les « méchants Indiens » qui entravaient la circulation des trains.   

Pas certain que la majorité des Canadiens ne l’aurait pas appuyé plutôt que d’endurer l’indolence du pacifique Justin. Mais, il est loin d’être sûr que la charge aurait réglé quoi que ce soit !

  • Réjean Parent était à Politiquement incorrect sur QUB radio: 

Relations compliquées  

Le cafouillage du gouvernement fédéral a exacerbé l’inquiétude et l’impatience des Canadiens, tant chez les industriels que chez les voyageurs.   

Les approvisionnements essentiels paralysés, les exportations arrêtées et les voyageurs découragés constituaient des éléments, qui aux yeux de plusieurs, justifiaient le recours à la méthode forte de la part des autorités pour rétablir l’ordre et la paix.  

Cette agressivité est renforcée par un sentiment que la justice n’est pas la même pour les Blancs et les Autochtones. Beaucoup de citoyens sont convaincus que n’importe quel autre groupe de pression aurait été vitement chassé et poursuivi en dommages.   

Lorsque Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, conforte les blocus comme un rappel à l’ordre normal du gouvernement fédéral par les siens et prévient que le recours à une intervention policière pourrait dégénérer, il sera accusé par plusieurs de faire montre d’arrogance. Il ajoute ainsi involontairement à leur irritation et à leur envie de réprimer avec force.   

La lettre ouverte de l’ancien chef de Pessamit, Raphaël Picard, augmente aussi l’énervement. Il joue dans l’insulte en traitant Mario Dumont de naïf présentateur soulevant l’apitoiement autour de l’effet des blocus sans rien comprendre aux systèmes de gouvernances des Premières Nations. Plus alarmant, l’ancien chef prédit que les doléances et les actions directes vont s’étendre à d’autres domaines.  

Les appels au dialogue et le non-recours à la force demeurent pourtant les meilleures voies à privilégier, encore faudrait-il que ce soit chez tous les protagonistes ! Cependant, le gouvernement Trudeau ne pourra pas rester de glace encore bien longtemps.  

Les prochains casse-tête  

Même avec un retour au calme relativement au Coastal GasLink, le premier ministre canadien n’est pas au bout de ses peines. Il a encore l’oléoduc Trans Mountain sur les bras qu’il comptait bien refiler aux autochtones dans la grande vague de réconciliation. En sus, son gouvernement doit se prononcer sur le projet Frontier, de Teck Ressource, quant à l’exploitation du pétrole issu des sables bitumineux albertains et à son exportation par on ne sait trop quels moyens.  

Tiraillé entre les volontés des provinces de l’Ouest, qui n’envisagent pas de transition énergétique à court terme, et le reste du pays, qui carbure moins à l’exploitation des énergies fossiles, le premier ministre doit dénouer une énigme digne de la quadrature du cercle.   

Cette mission quasi impossible pourrait précipiter une élection générale en aggravant la fracture canadienne.