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L’accessibilité pour justifier le pire taux de diplomation

Cégep de Rosemont, 6400 16e Avenue, Montréal, QC H1X 2S9
Photo Ben Pelosse Le cégep de Rosemont, qui mise sur l’accessibilité, accueille plusieurs étudiants au « parcours atypique », indique son directeur général, Denis Rousseau.

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Pour la première fois au Québec, Le Journal publie un tout nouveau classement permettant de comparer la performance des cégeps en termes de diplomation. Une série qui se termine aujourd’hui.


Le cégep de Rosemont, qui arrive bon dernier pour son faible taux de diplomation dans plusieurs programmes, ouvre ses portes à des étudiants qui autrement n’auraient pas nécessairement accès à des études collégiales.Son directeur général, Denis Rousseau, explique que l’accessibilité « fait partie de l’ADN » du cégep depuis ses tout débuts.

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La moyenne générale au secondaire de ses étudiants, qui est de 68,6 % pour les cinq dernières cohortes, est la plus faible de tous les collèges publics de la province.

« Un élève qui a 64 % ou 65 % de moyenne générale, c’est sûr qu’il n’entrera pas à Dawson. Mais est-ce que ça veut dire qu’il ne peut pas réussir des études collégiales ? Non, pas du tout », lance M. Rousseau.

Des parcours « atypiques »

En plus d’être plus faibles sur le plan scolaire, plusieurs étudiants du cégep de Rosemont ont un « parcours atypique ». Certains ont obtenu leur diplôme secondaire à l’éducation des adultes, d’autres font leur entrée au cégep plus tard, si bien que la moyenne d’âge des étudiants tourne autour de 20 ans, voire 21 ou même 22 ans dans certains programmes, indique M. Rousseau.

Plusieurs étudiants proviennent de milieux moins favorisés, sont issus de l’immigration et ont des trajectoires de vie qui ressemblent parfois à des « parcours à obstacles », ajoute M. Rousseau. « On a des étudiants en cheminement de vie que l’on veut aider », dit-il.

Cette volonté ne date pas d’hier, puisque le cégep de Rosemont a été le premier cégep à créer une session d’accueil et d’intégration pour permettre à des jeunes qui n’avaient pas tous les préalables requis dans un programme de faire quand même leur entrée au cégep. Cette formule, rebaptisée Tremplin-DEC, est maintenant offerte dans la quasi-totalité des cégeps.

Miser sur la première session

Au cours des dernières années, beaucoup d’efforts ont été consacrés à la réussite des cours lors de la première session, qui est un prédicteur de réussite au collégial. Plusieurs mesures d’encadrement ont été ajoutées, indique M. Rousseau.

« On est beaucoup plus préoccupé par la réussite en première session que [par] la diplomation, ultimement », affirme-t-il, puisque le cégep accueille « une clientèle particulière qui n’est pas à la recherche d’un diplôme à tout prix ».

Considérer le taux de diplomation comme seul indicateur de la réussite au collégial est « un peu réducteur », selon ce directeur général, qui se réjouit néanmoins de l’amélioration constatée pendant la première session chez plusieurs étudiants.

« C’est de bon augure pour la suite », lance-t-il.