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Big Bill: en l’honneur de Jean Béliveau

La marque québécoise Big Bill, du surnom de l’ex-joueur du CH, se vend en Ontario et jusqu’aux États-Unis

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Photo Courtoisie / Alex Drouin Vincent Audet dans l’atelier de la compagnie Big Bill de Coaticook et tenant la photo de son grand-père Charles-Émile Audet, le fondateur de la compagnie en 1946.

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Ils existent depuis des décennies, ils sont choyés par leur communauté ou l’ont marquée à travers les années. Des petits commerces de partout au Québec font la fierté de leur région. Le Journal vous présente le portrait de quelques-uns d’entre eux. 


SHERBROOKE | Quatre générations se sont succédé à la tête de la compagnie de vêtements de travail Big Bill, dont le nom a été inspiré par le surnom du célèbre joueur du Canadien de Montréal Jean Béliveau, alias «Le Gros Bill». 

«Nous ne sommes pas à l’abri de rien, mais on se trouve chanceux de notre succès et je crois que l’esprit de famille y est pour beaucoup. C’est une passion pour moi depuis que je suis jeune et je la ressens auprès des gens qui travaillent ici. C’est réconfortant et ça nous garde passionnés», s’enorgueillit Vincent Audet. Son grand-père, Charles-Émile, a fondé la compagnie à Coaticook, en Estrie, il y a 73 ans, alors qu’il était au début de la trentaine. 

Le petit-fils n’avait que 12 ans lorsque ce dernier est mort. 

«On m’a raconté qu’il a commencé modestement dans le sous-sol du magasin général de Coaticook et qu’il ne prenait pas souvent de journées de congé», ajoute l’homme de 37 ans qui occupe le poste de directeur marketing de la compagnie. 

À l’époque, la compagnie portait le nom de Gros Bill, qui était le sobriquet que les médias avaient attribué au célèbre numéro 4 du Canadien de Montréal, Jean Béliveau. 

Toutefois, le célèbre attaquant du Tricolore n’a jamais été ambassadeur pour la compagnie et n'a même jamais visité les installations. «Il n’a jamais osé lui demander, peut-être était-il trop gêné», soupçonne le petit-fils qui, comme son grand-père, est de nature réservée. 

Vincent Audet fait partie de la troisième génération à travailler pour l’entreprise familiale puisque son père a pris les rênes de la compagnie lorsque le fondateur s’est retiré. 

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Alex Drouin

 

QUATRIÈME GÉNÉRATION 

Aujourd’hui, le neveu de M. Audet, Jobin et sa nièce Jessika forment la quatrième génération à y travailler, lui comme directeur de la production, et elle comme directrice aux ventes. 

Son fondateur a décidé de modifier le nom de la compagnie quelques années après sa création pour lui donner l’appellation qu’on lui connaît aujourd’hui, Big Bill, afin de viser le marché anglophone, dont l’Ontario et les États-Unis. 

La compagnie ne s’est pas toujours spécialisée dans les vêtements pour travailleurs puisqu’elle fabriquait des pantalons, des chemises et des manteaux de plein air. 

«Il faut reconnaître que la couture était une industrie beaucoup plus en santé à cette époque», a rappelé M. Audet. 

À la fin des années 1990, la compagnie a décidé de prendre un virage important en voyant que l’industrie du textile commençait à battre de l’aile, et elle s’est consacrée à la fabrication de vêtements pour les travailleurs. 

«Ç’a été un tournant très important, souligne l’homme dans la trentaine, mentionnant que l’approvisionnement pour ces produits était facile à trouver. Ça nous a permis de nous réinventer.» 

500 EMPLOYÉS 

Si seulement quelques personnes y travaillent au début des années 1940, Big Bill compte aujourd’hui un peu moins de 500 employés dans ses locaux de Coaticook et de Richmond. Leurs produits sont très populaires partout au Canada et aux États-Unis, mais aussi au Japon ainsi que dans quelques pays nordiques. 

«Il y a encore beaucoup de personnes qui ne savent pas que Big Bill est une compagnie québécoise et ils sont surpris lorsque je leur dis», reconnaît l’homme dans la trentaine. 

D’ailleurs, ce sont des vêtements signés Big Bill que porte le chef Martin Picard dans son émission Un chef à la cabane

«S’il était encore en vie, je lui demanderais s’il aurait cru, un jour, que sa compagnie durerait si longtemps», lance Vincent Audet en terminant l’entrevue.